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Présentation
Aux origines étaient, dans les années 1980, quatre « équipes associées » (EA), soit des « centres de recherche » universitaires reconnus et soutenus par le CNRS, créés et dirigés respectivement par Roger Bellet (Lyon 2, seconde moitié du XIXe siècle), Jean-René Derré (Lyon 2, 1re moitié du XIXe siècle), Pierre Rétat (Lyon 2, XVIIIe siècle) et Jean Sgard (Grenoble 3, XVIIIe siècle).
Ces équipes devinrent d’abord des « unités de recherche associées » (ou URA), la plus nombreuse étant l’URA 1039, intitulée « Littérature et idéologie au XIXe siècle »). Celle-ci avait été formée, à la suite du décès prématuré de Jean-René Derré, par le regroupement des dix-neuviémistes sous l’autorité de Roger Bellet, dont Philippe Régnier (CNRS) reçut la succession en 1992.
La création du LIRE s’opéra en 1995 par la réunion des trois unités et leur transformation en une « unité mixte de recherche » (UMR) – mixte impliquant un degré d’engagement supérieur du CNRS. Catherine Volpilhac venait, à Grenoble, de succéder à Jean Sgard.
Souhaitée par le CNRS, inspirée par la proximité disciplinaire, chronologique, institutionnelle, et géographique, la création du LIRE était, au plan scientifique, justifiée par des collaborations fortes et continues nouées autour d’objets de recherche fédérateurs, tels que la presse, et par des partis pris communs, notamment l’intérêt pour les représentations et pour l’histoire des idées. Au plan institutionnel, elle offrait l’avantage de porter les projets et les effectifs à une taille critique suffisante pour établir un véritable pôle rhône-alpin de recherche en littérature française moderne – ambition qu’encourageait la perspective, réalisée en 2000, du transfert à Lyon de l’École normale supérieure (ENS) de Fontenay-Saint-Cloud.
Au cours de la période 1999-2002, le LIRE a étendu son périmètre en aidant à l’émergence d’une équipe dix-neuviémiste stéphanoise, qui fut ébauchée par Alain Vaillant et obtint sa reconnaissance sous la conduite de Corinne Saminadayar, tandis que l’élection de ce dernier à Montpellier 3 comme professeur permettait d’instituer une coopération avec les dix-neuviémistes de cette université. Cette coopération est aujourd’hui continuée par Marie-Ève Thérenty, directrice du RIRRA 21, une équipe d’accueil que Corinne Saminadayar a rejointe en y devenant à son tour professeure en 2008. L’équipe stéphanoise du LIRE, agrandie par une composante musicologique depuis 2006, est actuellement dirigée par Jean-Marie Roulin, qui travaille à en diversifier les programmes.
De son côté, après le départ en 1998 de Catherine Volpilhac et de l’édition Montesquieu pour l’ENS de Lyon et pour l’Institut d’histoire de la pensée classique (IHPC, UMR 5037), l’équipe grenobloise a été recentrée par Jean-François Perrin sur le thème du conte, avec la revue Féeries, et autour d’éditions critiques elles aussi de longue haleine : les œuvres complètes de Crébillon achevées en 2002, puis les Mémoires secrets, dits « de Bachaumont », actuellement en cours. Le relais de la direction a été pris en 2006 par Yves Citton.
Enfin, en 2003, le LIRE a intégré un réseau d’anglicistes et d’américanistes constitué par Frédéric Regard, alors professeur à l’ENS, en même temps que se mettait en place, dans cet établissement, une équipe de dix-neuviémistes francisants du LIRE dirigée par Sarah Mombert. Les deux composantes ont fusionné en 2007 sous la direction de celle-ci.
Après l’avoir configuré en 1994, Philippe Régnier a dirigé le LIRE durant trois mandats, de 1995 à 2006. Sarga Moussa lui a succédé de 2007 à 2010. Une situation imprévue l’a déterminé, en 2011, à se proposer pour un quatrième et dernier mandat, avec l’objectif d’engager les évolutions qui permettront la transmission, en 2016, à une nouvelle génération.