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Accueil > Axes de recherche > Littérature et arts : discours, échanges, transferts > Littérature et arts de la scène

Littérature et arts de la scène

De la quantité phénoménale de pièces créées entre 1791 et 1914, seule une infime partie est aujourd’hui éditée, lue, étudiée, jouée – quelques drames romantiques de Hugo ou Vigny, le théâtre de Musset, certaines comédies de Labiche et Feydeau, une petite part du théâtre symboliste. L’étude de ce répertoire protéiforme pose en effet une série de problèmes, d’abord liés au croisement requis des compétences entre littérature, dramaturgie, musicologie – cela concerne toute œuvre dramatique, même si le XIXe siècle offre, par exemple dans la création d’un Eugène Scribe, l’image d’un continuum entre théâtres parlés et théâtres chantés, scènes « dramatiques » et scènes lyriques, dans lequel on ne saurait trancher aveuglément. Plus spécifiquement, ce théâtre témoigne, notamment dans ses liens avec la presse ou avec la littérature dite « industrielle » (Sainte-Beuve), de la naissance d’une culture de masse à laquelle la littérature, cultivant le mythe de son autonomie, dénonçant ses propres instruments de médiation (le journal) et réaffirmant la supériorité de l’esprit et du verbe, a entrepris de résister. Le regard porté aujourd’hui encore sur les productions dramatiques du XIXe siècle demeure pour partie tributaire de cette résistance.

Pourtant, les liens entre littérature et arts de la scène entre XVIIIe et XIXe siècles sont nombreux, riches et parfois même fondateurs. Du point de vue de l’institution littéraire, les écrivains de théâtre ont pris les devants dans la création d’un statut juridique pour leurs œuvres, comme en témoigne, après Beaumarchais, l’activité de Scribe à la SACD, en avance sur la Société des Gens de Lettres. L’un de ses travaux concernera la régulation des adaptations théâtrales et lyriques de l’œuvre littéraire : cette pratique massive puise, après le conte au XVIIIe siècle, dans le roman pour nourrir les scènes, dépouillant, de leur point de vue, les écrivains, tout en assurant à leur œuvre une circulation et une réception nouvelles. Si la presse est un nouveau média essentiel pour la création littéraire, comme d’ailleurs pour le théâtre, la littérature se voit soumise, par les phénomènes de transfert et d’adaptation dramatiques, à une médiation seconde. Attirés en partie par les perspectives de reconnaissance et d’enrichissement rapides, bien des romanciers (de Balzac à Zola, en passant par Dumas, Sand ou Flaubert) ont d’ailleurs tenté leur chance à la scène et ont essayé de se frayer une voie dans le monde fermé et ritualisé, souvent conservateur et protectionniste, des théâtres. Cible de leurs critiques, les scènes et les salles de spectacle ont aussi constitué pour les écrivains romantiques et post-romantiques un objet de fascination ou un espace de projection utopique : lieu d’une rencontre fusionnelle avec un public unifié en peuple par la grâce de l’art, tribune offerte au poète-guide, outil de régénération morale ou sociale, laboratoire d’expériences esthétiques, romantiques, naturalistes ou symbolistes. Car le théâtre se place désormais au centre de la vie culturelle et sociale ; il se fait instrument de sociabilité, outil de distinction et moyen de rencontre entre les classes. Scène et salle se font ainsi miroirs de concentration de la société dans lesquels le roman, de Stendhal à Proust, a su capter certaines de ses représentations, au point de transformer la « sortie au théâtre » en scène romanesque « à faire ». La saisie théâtrale du monde humain et de l’univers social fournit en outre à la littérature (La Comédie humaine) certains de ses modèles, descriptifs ou narratifs, métapoétiques parfois, voire philosophiques lorsqu’est réactivé le topos du theatrum mundi. Enfin, après des siècles d’ostracisme, le comédien se transforme, dans une société en voie de laïcisation, en nouveau modèle collectif et en héros romanesque (Sand) comme en témoignent quelques figures fédératrices de la vie littéraire, sociale, théâtrale ou lyrique comme Marie Dorval, Frédérick Lemaître, Pauline Viardot ou Sarah Bernhardt.

Tels sont les points de croisement, de rencontre ou de friction entre scènes et littérature, selon des perspectives esthétique, culturelle, sociologique, qu’explorent les projets ici réunis.

- Le théâtre populaire avant le Théâtre National Populaire, 1750-1914

Le théâtre populaire, en tant que pratique collective mais aussi en tant que théorie esthétique et idéal social, possède une histoire ancienne, éminemment complexe, aussi mouvante et protéiforme que la notion de « peuple » et l’adjectif « populaire ». « Théâtre du Peuple » fut ainsi le nom donné à la première salle de l’Odéon en 1794…

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- L’acteur au XIXe siècle : une figure héroïque ?

Nous souhaiterions questionner les pratiques et les représentations des grands acteurs du XIXe siècle. De la naissance de la vedette à l’avènement de la mise en scène, de Talma à Antoine et Lugné-Poe, on s’interrogera d’une part sur la signification esthétique, sociale, culturelle du jeu et des pratiques de l’acteur tel qu’il les expose et (se) les représente, à travers les mémoires, la correspondance, les arts théâtraux ou la dramaturgie effectuée par les acteurs eux-mêmes…

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- Les tragédiens de la Comédie-Française de 1870 à 1940

Ce projet se veut un prolongement des monographies d’A. Penesco sur les tragédiens Mounet-Sully (1841-1916) et Paul Mounet (1847-1922). Il s’inscrit dans un cadre plus vaste de recherches sur les valeurs musicales du texte et de son interprétation et sur la relation existant entre la déclamation du texte parlé et celle du texte mis en musique (notamment dans le domaine de la mélodie française pour voix et piano ou accompagnement instrumental).

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- Eugène Scribe, maître et créateur sur les scènes françaises du XIXe siècle

Figure majeure de la vie théâtrale, lyrique, littéraire et culturelle du XIXe siècle, Scribe, à travers ses 425 pièces, a profondément transformé le répertoire dramatique et lyrique de son temps. L’évaluation qualitative de son art et de sa créativité, comme l’étude précise de son rôle esthétique et culturel en France et en Europe, restent aujourd’hui à mener…

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