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Accueil > Axes de recherche > Littérature et arts : discours, échanges, transferts > Littérature et art musical

Littérature et art musical

Le romantisme littéraire, entendu dans une large extension, a entretenu une véritable fascination pour la musique et accordé un privilège au chant : dans son idéal de dématérialisation de l’art, l’univers des sons et le monde de la voix, réputés impondérables et immédiats, ont pu constituer, pour la création poétique, une source, un modèle et une ligne de fuite. Cultivant la nostalgie rousseauiste d’une langue originelle et fusionnelle, portée par le primat de la mélodie et du rythme, le romantisme a privilégié des formes esthétiques fondées sur l’utopie de la rencontre des arts, du texte et de musique, tels la romance et l’opéra.

Là où la rencontre des arts était souvent conflictuelle et demeurait inapaisée (le débat « prima la musica » ou « prima le parole », dans l’œuvre lyrique), le romantisme puis le symbolisme ont tenté de postuler la possible fusion des arts, par delà les correspondances entre langage artistiques. En outre, dans sa quête philosophique et esthétique de l’unité et du sens, le romantisme spiritualiste a trouvé dans la musique, ses pulsations, ses rythmes et ses harmonies, un modèle de pensée et de composition philosophiques, le lieu et l’outil aussi d’une possible régénération sociale. La musique se constitue bien, dans tous ces cas, en horizon du texte, dont elle révèle en retour le douloureux inachèvement.

Musique et littératures romantiques partagent également la commune élection de nouveaux lieux de sociabilité artistique, salons et cercles privés où se transmettent les formes simples de la romance, à côté de la musique de chambre ou des transcriptions d’opéras pour piano, où les femmes poètes ou musiciennes, tenues en marge des grandes institutions musicales, découvrent des espaces ouverts de création et d’interprétation. Sans doute l’intérêt porté à l’art vocal comme aux formes intimes propices à l’effusion privée favorisent-ils, dans les représentations symboliques de la différence des sexes au XIXe siècle, une création dite féminine, envers de la création littéraire et musicale institutionnellement reconnue.

Si la musique constitue pour la littérature romantique et ses créateurs un horizon et un devenir, son étude engage aussi l’historien des lettres et des arts à remettre en question les frontières communément tracées et admises entre néo-classicisme, romantisme, classicisme, ou entre formes nobles et inférieures. Les distinctions d’écoles et les hiérarchies de genres en musique et en peinture permettent sans doute, par un jeu de perspective, de réviser les séparations posées en littérature entre grands et petits genres, entre art savant et art populaire, entre esthétiques progressistes ou passéistes. Le romantisme, littéraire ou musical, est précisément porteur d’un idéal de régénération artistique « par le bas », par reconquête des formes simples, poétiques et musicales, de la chanson, de la romance ou de l’ariette.

- La romance en France, du Dictionnaire de musique de Rousseau aux Romances sans paroles de Verlaine

Le projet a été suscité par la lecture et l’édition de Marceline Desbordes-Valmore qui fut actrice et chanteuse avant d’être poète.

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- Les femmes musiciennes dans la première moitié du XIXe siècle

Il s’agit de conduire diverses analyses de cas ou de typologies de femmes musiciennes qui furent à la fois compositrices, interprètes et professeures.
Notre recherche s’orientera tout d’abord en observant le cas socialement intéressant de ces musiciennes sans doute nombreuses oubliées de l’histoire.

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- Romantisme musical/Les artistes du juste milieu, Pierre-Simon Ballanche, et la musique ou les fondements d’une postérité

L’enquête sur le romantisme musical cherchera à poursuivre l’interrogation concernant les réalités contingentes auxquelles l’état de musicien a confronté les artistes entre 1820 et 1848. C’est donc à partir de l’étude de la vie des femmes et des hommes de cette époque que l’emprise et la généralisation du romantisme comme phénomène culturel reconnu pourra se discerner au gré de contradictions…

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