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Accueil > Axes de recherche > Littérature et arts : discours, échanges, transferts > Textes littéraires et arts de l’image

Textes littéraires et arts de l’image

La littérature a largement construit ses représentations sur son immatérialité apparente, ainsi que sur sa capacité à faire sens indépendamment de ces conditions de reproduction. Un Victor Hugo par exemple pouvait vanter la puissance polymorphe du texte littéraire dont les fondations ne sont que marginalement altérées par des modalités de publication diverses, depuis l’édition princeps auréolée de l’éclat de la primauté jusqu’aux publications des éditions populaires, marquées par les vicissitudes d’un grand tirage et d’une impression médiocre. Un texte reste un texte : c’est là un credo que le XIXe siècle s’est employé à magnifier ; c’est même cette inaltérable présence du verbe qui semble le différencier des modes d’existence de l’image à la même époque. Les analyses de Walter Benjamin ont bien mis en lumière le basculement au XIXe siècle qui s’opère dans le statut de l’image : son ancienne aura, liée à son caractère non reproductible, à sa force de présence hic et nunc s’estompant progressivement au profit de ses avatars démultipliés et partiellement dénaturés : gravure, sur cuivre et sur bois de bout, lithographie, photographie et photogravure, en attendant l’invention du cinématographe à la fin du siècle. L’image perdrait ainsi de sa magie et de sa sacralité premières dans l’expérience de sa reproduction démocratisée, tandis que le texte préserverait son intégrité partiellement indépendante de ses conditions de reproduction.

Cette distinction trouve cependant à se nuancer dès lors que l’accent se déplace des questions de reproduction vers celles de la diffusion et de la circulation des arts et des techniques. C’est dans une logique de modélisation, de transmission et de réception qu’il conviendrait d’interroger les rapports, en apparence antagonistes, du texte et de l’image. Dans cette perspective, les deux volets du programme, « Diffusion transmédiatique du texte littéraire : littérature et cinéma » et « Machines à images », constituent deux approches complémentaires autour d’un questionnement commun.

La création du roman-feuilleton, la politique des œuvres complètes en livraisons tendent à fragmenter l’œuvre littéraire et à l’intégrer à des ensembles médiatiques caractérisés par une très grande porosité du texte et de l’image (édition illustrée, support de presse, production des fascicules de cinéromans et autres « films racontés »)

La succession d’inventions qui jalonnent les XVIIIe et XIXe siècles dans le domaine des techniques optiques (lanterne magique, kaléidoscope, phénakistiscope, photographie, praxinoscope, chronophotographie, cinématographe, etc.) sollicite la littérature qui se transforme parfois en « machine à voir ».

Cet échange de pratiques et de valeurs entre texte et image dans le cadre du renouvellement technologique qui caractérise la période XVIIIe-XIXe siècles bouleverse considérablement le statut de la représentation. Il s’agira donc d’interroger les nouveaux modes de co-présence du texte et de l’image, ainsi recomposés par la redéfinition du champ technologique et médiatique en envisageant tout autant la diffusion transmédiatique du texte littéraire à travers le cinéma et ses déclinaisons que la manière dont la littérature a elle-même intégré, rêvé et réinventé les dispositifs optiques élaborés du siècle des Lumières au siècle des frères Lumière.

- Diffusion transmédiatique du texte littéraire

  • Kinématoscope : Littérature/cinéma/représentation. XVIIIe-XIXe siècles
  • Formes hybrides de diffusion de l’œuvre littéraire : le cas des « films racontés »

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- Machines à images, dispositifs optiques et textes littéraires

Du salon panoptique de La Belle et la Bête de Madame de Villeneuve (La Belle et la Bête dans La Jeune Amériquaine et les contes marins, La Haye, 1740) au téléphonoscope d’Albert Robida (Le Vingtième Siècle, 1883), les littératures des XVIIIe et XIXe siècles ont intégré des « machines à images » imaginaires, échos des découvertes techniques de l’époque ou regard prospectif porté sur les inventions à venir.

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