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colloque « Port-Royal au XIXe siècle

organisé par la Société des Amis de Port-Royal et le LIRE

publié le , mis à jour le

colloque « Port-Royal au XIX<sup>e</sup> siècle

8-10 octobre 2014
Pilotes scientifiques : Simon Icard et Stéphane Zékian
A l’ISH (Espace Marc Bloch, rez-de-chaussée)
14 avenue Berthelot

Présentation

La mémoire de Port-Royal a été, au moins jusqu’à la Révolution française, animée d’une ferveur militante. Véritable emblème du jansénisme au XVIIIe siècle, la célébration du monastère martyr a puissamment contribué à une « cristallisation identitaire » (C. Maire, 1998, p. 191) et au maintien d’une vivace tradition anti-janséniste, alors même que les forces du parti déclinaient. Au-delà de la césure révolutionnaire, l’actualité de Port-Royal semble résulter d’autres processus d’identification et de rejet. Tout au long du XIXe siècle, malgré l’éloignement temporel et les effets de la sécularisation, la référence à Port-Royal ne disparaît pas, bien au contraire, mais tout indique qu’elle change alors de nature autant que d’horizon.

C’est à une meilleure connaissance des avatars postrévolutionnaires de Port-royal que ce colloque aimerait justement contribuer. Immense, la matière est à la mesure du désintérêt qui fut longtemps la règle. Force est en effet de constater que « les études sur le jansénisme se raréfient lorsque le cap de la Révolution française est passé » (J.-P. Chantin, 1996, p. 87). Le cas de Sainte-Beuve fait bien sûr exception – on pense notamment au colloque Pour ou contre Sainte-Beuve ou à l’étude que Raphaël Molho lui a consacrée – mais sa puissante faculté d’aimantation a peut-être joué un rôle plus ambivalent qu’il n’y paraît : en monopolisant l’attention des historiens et des littéraires, il n’est pas exclu que le Port-Royal ait paradoxalement fait écran à une connaissance moins mythologique de la trajectoire port-royaliste au XIXe siècle. Ce colloque interdisciplinaire se donnera donc pour ambition d’éclairer, sous des angles aussi divers que possible et sans forcément faire de Sainte-Beuve son centre de gravité, la présence multiforme de Port-Royal, en France et en Europe. On s’efforcera, en particulier, d’étudier l’« image mythique » du jansénisme (H.-F. Imbert, p. 18), à la fois dans ses conditions de possibilité, dans ses différentes manifestations et dans ses incidences sur l’histoire culturelle et politique au XIXe siècle.

Au premier regard, cette image mythique semble avant tout tributaire de la patrimonialisation qui s’amorce dès le tournant du siècle. À la faveur de cette puissante lame de fond, l’emblème port-royaliste paraît sortir « de son cadre polémique et politique pour entrer dans la sphère culturelle » (C. Maire, 1992, p. 511). Ce glissement est lourd de conséquences qui, dans leur grande majorité, restent à analyser. Processus graduel mais irréversible, la littérarisation de la référence port-royaliste s’inscrit bien dans cette perspective. Au-delà de Sainte-Beuve, et parmi d’autres exemples, les travaux de Victor Cousin sur les femmes illustres du XVIIe siècle mériteraient d’être envisagés à la lumière de ce changement de paradigme (Ph. Régnier). De même, il reste beaucoup à défricher pour mieux cerner le passage d’une mémoire identitaire à une histoire académique, le signe de ralliement devenant l’enjeu d’enquêtes érudites menées sous la bannière de l’expertise historienne.

Cependant, ce changement de statut n’a pas suffi à dépassionner les débats sur Port-Royal et ce, bien au-delà du XIXe siècle. Si Port-Royal n’est plus principalement l’objet d’une mémoire identitaire, il reste en effet au cœur de mémoires farouchement militantes.

Argumentaire du colloque en version complète.

Programme

Mercredi 8 octobre

  • 13h30 — accueil
  • 14h00 — Introduction par Simon Icard (CNRS/UMR 8584) et Stéphane Zékian (CNRS/UMR LIRE)

Conférence d’ouverture

  • 14h30 — Jean-Pierre Chantin (RESEA, Université Lyon III) : Qu’ est-ce qu’ être port-royaliste au XIXe siècle ?

La théologie de la grâce

  • 15h00 — Jean Dubray (Docteur en philosophie et en littérature) : Un défenseur de l’Augustinus au XIXe siècle : l’abbé Grégoire
  • 15h30 — discussion et pause
  • 16h00 — Sylvio De Franceschi (EPHE, Ve section) : Le jansénisme dans les traités de gratia des théologiens catholiques au XIXe siècle
  • 16h30 — Grazia Grasso (Université de Genève) : La liberté religieuse dans le traité De la tolérance ecclésiastique et civile de Pietro Tamburini et Thaddeus Trautmansdorf (Paris, 1796). De la théologie janséniste de la grâce aux droits civils
  • 17h00 — discussion

Jeudi 9 octobre

  • 8h30 — accueil

La politique

  • 9h00 — Valérie Guittienne-Mürger (Bibliothèque de Port-Royal) : Le libéralisme dans les Nouvelles ecclésiastiques au XIXe siècle
  • 9h30 — Olivier Tort (Université d’Arras) : Usages polémiques de Port-Royal et du jansénisme dans les milieux politiques royalistes
  • 10h00 — discussion et pause
  • 10h30 — Dinah Ribard (GRIHL/EHESS) : La mise dans l’histoire de la politique de Port-Royal
  • 11h00 — Guillaume Métayer (CNRS/CELLF) : Anatole France et Port-Royal
  • 11h30 — discussion

Les réseaux jansénistes

  • 14h00 — Véronique Alemany (Conservatrice nationale du patrimoine) : Les amis jansénistes de la dernière solitaire de Port-Royal
  • 14h30 — Jean-Luc Dauphin (Société des Amis de Joseph Joubert) : Du jansénisme et du sentiment religieux dans une petite ville sous la Restauration
  • 15h00 — discussion et pause

Un mythe littéraire

  • 15h30 — Amélie de Chaisemartin (Université Paris IV) : La figure du Solitaire de Port-Royal et les descriptions de personnages romantiques
  • 16h00 — Charles-Olivier Stiker-Metral (Université Lille III) : La Rochefoucauld et Port-Royal au XIXe siècle
  • 16h30 — Jacques-Philippe Saint-Gérand (Université de Limoges) : La grammaire de Port-Royal à l’heure du romantisme et des débuts de la linguistique en Europe
  • 17h00 — discussion

Vendredi 10 octobre

  • 8h30 — accueil

Sainte-Beuve et ses publics

  • 9h00 — Jean-Baptiste-Amadieu (CNRS/USR “République des savoirs”) : La mise à l’Index du Port-Royal de Sainte-Beuve
  • 9h30 — Maxime Perret (Université catholique de Louvain) : Balzac contre Port-Royal : défense d’une vision du XVIIe siècle
  • 10h00 — discussion et pause
  • 10h30 — Gabriel Popescu (Université de Craiova) : Le Port-Royal de Sainte-Beuve ou la naissance d’un mythe personnel

Pascal

  • 11h00 — Dominique Descotes (Université de Clermont-Ferrand) : Pascal et les mathématiciens du XIXe siècle
  • 11h30 — discussion et pause
  • 14h00 — Hubert Aupetit (CPGE, Lycée Louis le Grand) : Le philosophe et l’autodidacte ou comment Victor Cousin s’est servi de Port-Royal pour chasser Pascal du paradis philosophique
  • 14h30 — Laurence Plazenet (Université Paris IV) : Joubert et Port-Royal

Conférence de clôture

  • 15h00 — Alain Cantillon (Université Paris III/EHESS) : Des restes de restes
  • 15h30 — discussion et pause
  • 16h00 — Conclusions par Laurent Thirouin (Université Lyon II)

Programme à télécharger