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publié le , mis à jour le

Le LIRE a la double ambition de re-lire sous des angles nouveaux la littérature consacrée et de découvrir ou reconnaître, puis de lire littérairement des œuvres ou des textes écartés du canon littéraire, mais susceptibles de l’éclairer et/ou de rencontrer un regain d’intérêt.

Il travaille donc prioritairement à étudier des auteurs et des corpus (fussent-ils massifs) que la doxa considère comme mineurs ou comme extérieurs à la littérature, alors même que les lecteurs des XVIIIe et XIXe siècles, y compris les « grands auteurs », s’en nourrissaient, familièrement ou à l’occasion, sans discrimination aucune, voire avec passion.

C’est le cas, par excellence, de la presse périodique en général, mais aussi, par exemple, d’un genre comme les « vies privées », né à la fin des Lumières et qui a perduré jusqu’au début du XIXe siècle, ou bien de la « femme poète » Marceline Desbordes-Valmore et de Louise Michel, figure de proue du socialisme et écrivaine aux multiples talents.

Outre le plaisir scientifique et esthétique de la découverte, ces explorations ont pour utilité de mettre en évidence les a priori de l’institution littéraire, le sens historique de ses « valeurs », et d’apporter un regard neuf et distancié sur certaines problématiques sociétales actuelles : à travers la reconstitution et l’étude des « gazettes » européennes de langue française du XVIIIe siècle, la construction de l’espace culturel européen ; par le retour à Saint-Simon et aux saint-simoniens, la réorganisation de la société par et pour l’industrie et « les industriels » ; la sexuation des rôles sociaux ; l’interculturalité ; l’intermédialité, etc.

Relevant de l’histoire littéraire et tournée vers l’histoire, notre approche contextualisante ne considère pas la littérature comme un « miroir » de son temps. Elle développe au contraire la notion de « représentation », avec toute la dimension constructiviste qu’implique le terme. La notion conjointe d’« idéologie » (au singulier et au pluriel) lui sert d’outil pour observer aussi bien le rôle de la production littéraire dans la genèse et la propagation des idées que les effets induits sur ses contenus et sur son écriture par les grands mouvements sociaux, ou encore les déformations optiques résultant, dans le discours social, des inégalités entre les classes et entre les sexes.

Le programme quinquennal en cours développe un nouvel axe fondamental, « Littérature et arts », destiné, selon le même principe, à explorer en profondeur les relations réciproques entre les textes et, notamment, les images des machines pré-cinématographiques, celles du cinéma, le théâtre, la musique.

Au plan de la méthode, nous misons sur la puissance d’explication et d’interprétation de l’analyse littéraire, sur sa capacité spécifique à réveiller les textes de toutes sortes : en y saisissant un jeu culturel générateur d’effets de conscience et de connaissance critiques, une interdiscursivité à l’œuvre pour surmonter la fragmentation des savoirs.

Notre effort pour étendre et renouveler le domaine de la lecture littéraire se traduit logiquement par un constant et important effort d’édition savante, combinant le plus souvent les deux supports complémentaires que sont l’imprimé et le numérique.