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Séminaire de l’UMR LIRE (2013-2014)

Responsable : Delphine Gleizes

publié le , mis à jour le

Séances séminaire LIRE XIXe

Exemplarités

Les études littéraires, comme l’ensemble des sciences humaines, cherchent à produire des interprétations généralisables à partir de l’analyse détaillée d’un corpus. Mais les sources qui le composent ne font pas toutes l’objet d’un traitement uniforme. Tout geste critique implique d’imposer des hiérarchies, d’opérer des choix, parfois orientés par une tradition de lecture et de canonisation littéraire. En vertu de quels critères, en effet, ces choix s’opèrent-ils ? En quoi une date est-elle représentative d’une période chronologique donnée ? En quoi une œuvre, un document d’archives au sein d’un corpus d’étude sont-ils exemplaires du propos général que l’on entend tenir ? Ce sont ces questions que le séminaire LIRE XIXe entend aborder pour l’année 2013-2014, à partir des programmes de recherche en cours.

L’interrogation peut se formuler s’agissant des corpus de grande ampleur. Quel équilibre établir entre la recherche d’une cohérence à même d’élaborer un discours critique modélisant et la mise en évidence d’hapax néanmoins significatifs, que ce soit par leur qualité d’exception en regard d’une production moyenne ou par la singularité des idées qu’ils développent ? La question peut se poser pour un corpus tel que celui des romans d’anticipation (resp. Cl. Barel-Moisan). Elle peut aussi être abordée sous l’angle du statut des auteurs majeurs qui en émergent. Comment situer, par exemple, une personnalité qui, à l’instar de Camille Flammarion, est reconnue comme exemplaire pour ses talents de vulgarisateur, centrale dans le débat, mais en même temps atypique par les positions qu’elle professe ? Ou ces appréciations ne sont-elles qu’un effet de trompe-l’œil qu’il conviendrait de corriger en mobilisant d’autres critères ? L’enjeu est également de taille pour l’étude de l’évolution des rapports entre sciences et Belles Lettres qui se reconfigurent autour de l’astronomie au tournant des XVIIIe et XIXe siècles (resp. St. Zékian). Comment évaluer le rôle de tel acteur, de telle institution, de tel organe médiatique pour tenter de restituer au plus juste les rapports de force d’une époque sans être tributaire des grilles de lecture présupposées par notre situation contemporaine ?

Les enjeux de l’exemplarité se retrouvent également dès lors que l’étude porte sur la construction d’un modèle – modèle d’organisation sociale et intime régi par le mariage par exemple (resp. St. Gougelmann, Fr. Kerlouégan, A. Verjus) ; modèle d’organisation spatiale comme pour les reconfigurations suscitées par la ville haussmannienne (resp. S. Moussa & D. Lançon) – imposant sa norme, donnée comme exemplaire et ses écarts marginaux. Dans ce dernier cas, quelle valeur d’exemplarité la ville Lumière revêt-elle auprès de villes comme Le Caire ou Istanbul qui, dans le contexte des réformes à l’européenne mises en œuvre par l’Empire ottoman au XIXe siècle, prétendent s’inspirer de Paris dans leur architecture comme dans leur fonctionnement ?

L’enquête portera enfin sur la représentativité de moments identifiés dans une chronologie, justifiant tout à la fois la valeur prééminente que l’on accorde à une date et les filtres retenus pour en établir l’exemplarité (É. Reverzy). Dans un corpus vaste où l’analyse se doit de procéder par sondages, y a-t-il des années « exemplaires » à partir desquelles l’interprétation pourrait se généraliser ? Question de représentativité qui apparaît comme redoublée dans le cas des revues de fin d’année (resp. O. Bara) : ces dernières se donnant elles-mêmes comme une sélection des faits, petits et grands qui ont émaillé l’année écoulée et imposant, là encore, de s’interroger sur les filtres à travers lesquels l’actualité se trouve restituée.

Programme

Jeudi 3 octobre

  • Accueil des étudiants de master : 10h (resp. D. Reynaud & O. Bara)

Jeudi 17 octobre

  • Matin : réunion d’équipe : 11h-12h30
  • Après-midi : « Editions critiques » (resp. Ph. Régnier)
    • Guy Rosa, « Édition numérique des Misérables » (titre provisoire)

Jeudi 28 novembre

  • Matin : Atelier Thèse
  • Après-midi :
  • Mohit Chandna (JNU, New Delhi), « Les Femmes et l’espace urbain dans la littérature francophone »
  • « Entre lettres et sciences : de quoi l’écriture des astres est-elle exemplaire (1760-1830) ? » (resp. St. Zékian)
    • Denis Reynaud, « Lunes exemplaires du Cousin Jacques (1785-1793) »
    • Claire Barel-Moisan, « De Crébillon à Tiphaigne de la Roche et Marie-Anne Robert : constituer un corpus de voyages astronomiques »

Jeudi 5 décembre

« Éditions critiques » (resp. Ph. Régnier & O. Ferret)

  • Olivier FERRET (LIRE) et Vincent BARRELLON (LIRIS - INSA de Lyon) : « De quelques éditions numériques et critiques : recherches récentes et premières réalisations ».

Jeudi 16 janvier

« Écrire le mariage des lendemains de la Révolution à la Belle Époque : discours, idéologies, représentations » (resp. Fr. Kerlouégan, St. Gougelmann & A. Verjus)

  • Martine Segalen (professeur émérite Université Paris-Ouest Nanterre La Défense) : « Se marier au XIXe siècle : un parcours entre ethnologie, histoire et démographie »
  • Anne Verjus (ENS Lyon - Triangle UMR 5206) « Le mariage, supplétif à la misère sexuelle du célibataire ? Quelques réponses à partir du journal d’un jeune homme sous la Révolution. »

Jeudi 13 février

Les revues de fin d’année : diversification des formes et diffusion du modèle

Après la première séance proposée en février 2013 et consacrée à une présentation de l’objet scénique hybride qu’est la revue de fin d’année, entre oeuvre vaudevillesque, féerie et journal en action, cette deuxième séance envisagera le devenir de la revue en France à la fin du XIXe siècle (à travers deux années exemplaires, 1886 et 1896) et offrira un exemple de sa diffusion à l’étranger.

  • Olivier Bara : Introduction – présentations, rappels
  • Marine Wisniewski (université Lyon 2-UMR 5611 LIRE) : Les revues au café-concert en 1886 : dissémination et adaptation
  • Romain Piana (université de Paris 3-Sorbonne nouvelle) : Les revues de l’année 1896 : diversification des formes et érotisation du spectacle
  • Alvio Patierno (université de Naples) : Les revues de fin d’année à Naples dans la première moitié du XXe siècle

Jeudi 27 mars

« Les romans d’anticipation » (resp. Claire Barel-Moisan)

  • Danielle Chaperon (Pr. Lausanne) : « Situations de la science et du roman : le cas Flammarion »
  • Valérie Stiénon (MCF Paris 13) : « Le récit dystopique à l’étude. Représentativité et résistances d’un corpus de recherche »

Présentation des communications de Danielle Chaperon (ainsi que la liste des textes sur lesquels portera la séance) et de Valérie Stiénon (PDF à télécharger)

Jeudi 3 avril

« La représentation littéraire des marges urbaines du milieu du XIXe siècle au début du XXe siècle (Paris, Le Caire, Istanbul) » (resp. S. Moussa & D. Lançon)

  • Introduction générale, S. Moussa & D. Lançon
  • Sarga Moussa : « Marges capitales (Nerval, Flaubert, Gautier) »
  • Daniel Lançon : « Autour de Mon aventure dans l’Afrique civilisée de Romolo Garbati (Alexandrie, 1935) »

Jeudi 15 mai

Journée des doctorants (resp. Jean-Marie Roulin)

La Journée des doctorants se déroulera cette année à Saint-Étienne, Site Tréfilerie de l’Université Jean Monnet

10h15

  • Ouverture de séance Jean-Marie Roulin

10h30 Présidence Alban Ramaut

  • Céline Carenco (UJM) : « Le piano-orchestre de Liszt comme outil d’analyse de l’écriture orchestrale berliozienne »
  • Caroline Delespaul (LYON 2) : « Le piano : “un petit orchestre complet” »
  • André Cotton (LYON 2) : « De Jelly Roll Morton à Art Tatum : éléments de questionnement sur la conquête du statut de pianiste virtuose soliste dans le jazz »

12h30 Pause déjeuner. Buffet offert, sur place (Hall de la MRASH)

14h00 Présidence Olivier Bara

  • Yann Piot (UJM) : « Les voies divergentes de l’initiation technique chez Diderot et Rousseau »
  • Isabelle Matamoros (LYON 2) : « Grisettes, épouses et bas-bleus : de quelques représentations de lectrices dans la première moitié du XIXe siècle »
  • Amina Kharrouby (LYON 2) : « L’argent dans le théâtre français au XIXe siècle : la “comédie d’argent”, un sous-genre en question »

16h00 fin

Jeudi 5 juin

  • Eléonore Reverzy (Pr. Université de Strasbourg, Délégation LIRE) : « Que retenir de 1885 ? Un survol bibliographique »