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Accueil > Axes de recherche > Littérature et arts : discours, échanges, transferts > Littérature et art musical

- Romantisme musical/Les artistes du juste milieu, Pierre-Simon Ballanche, et la musique ou les fondements d’une postérité

Responsable : Alban Ramaut

publié le , mis à jour le

Présentation

Romantisme musical

Il s’agit d’envisager la construction progressive du romantisme sous le jour du doute et du tâtonnement. Mettre en lumière ce que les petits maîtres – ceux dont Baudelaire reconnaît dans son Salon de 1846 qu’ils se perdirent en chemin – n’avaient pas les moyens de réaliser.

Il sera par conséquent question d’étudier le courant à multiples orientations des artistes conservateurs et de s’interroger sur la mission des institutions dont le XIXe siècle a souhaité s’illustrer. De là notre intérêt plus particulier pour les précurseurs ou contemporains générés et fêtés, pour ne pas dire applaudis par la société, et qui prirent insensiblement part à l’inexorable établissement du mouvement. Ces êtres ne furent-ils pas en fait les victimes d’un jeu social qui leur échappa quand bien même ils contribuèrent à l’illustrer ? Parmi ce corpus, les peintres dits du « juste-milieu » en écho aux compositeurs dits de « la musique douce » et la figure mystique de Pierre-Simon Ballanche.

Les artistes du juste milieu, Pierre-Simon Ballanche, et la musique ou les fondements d’une postérité

À partir de l’exemple de peintres tels Léopold Robert, Jean-Victor Schnetz et Étienne-Jean Delécluze, mais également de bien d’autres artistes tous liés à la société « juste milieu » que décrit Marie d’Agoult dans ses Mémoires, il est possible d’imaginer et de retracer la ligne de démarcation à la fois très affirmée et ambiguë qui distingue le classicisme du romantisme. Le moment stylistique de la Restauration a été cependant bouleversé par la sincérité expansive du romantisme, sincérité qui intéressait aussi le « juste-milieu » pour ses accents de vérité.

Revenir sur ce nombre important des petits maîtres, c’est donc tenter de saisir l’état de complexité que le début du siècle traversait à la recherche d’un équilibre esthétique raisonnable guidé par une défiance morale à l’égard de l’imagination. Ces générations placées sous le signe du visuel et de la transparence cherchaient aussi à transmettre les émotions plus diffuses du musical.

C’est d’une manière proche que la lecture des textes de Ballanche – La vision d’Hébal, Antigone, l’Essai de Palingénésie sociale – fait apparaître la place importante que ce penseur lyonnais non musicien accordait néanmoins à la musique. La grande nostalgie, l’impossibilité que l’écrivain ne cesse d’invoquer, le rapprochent encore de l’interrogation alors formulée autour de la capacité ou non de la musique à décrire, à rendre perceptible et en fin de compte à exprimer. Ceci conduit le musicologue d’aujourd’hui à saisir dans les recherches et les démarches mesurées et extravagantes de Ballanche, un analogue de la réorganisation de la formulation en musique que pratique l’école romantique à la suite de Beethoven et de Schubert. Le travail autour de Ballanche doit en ce sens pouvoir croiser sa pensée mystique avec l’idéalisme forcené du jeune Liszt et l’exaltation imaginative de Berlioz.