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Accueil > Axes de recherche > Littérature et arts : discours, échanges, transferts > Littérature et art musical

- Les femmes musiciennes dans la première moitié du XIXe siècle

Responsable : Alban Ramaut

publié le , mis à jour le

Il s’agit de conduire diverses analyses de cas ou de typologies de femmes musiciennes qui furent à la fois compositrices, interprètes et professeures. Ceci exclut de fait certaines grandes figures de la scène, les musiciennes interprètes comme Maria Felicia Malibran dont la vie si courte n’a pas permis peut-être qu’elle laisse des œuvres à l’inverse de sa sœur Pauline Viardot. Il existe notamment dans la catégorie des pianistes des musiciennes célèbres et célébrées dont la marquise de Montgeroult est sans doute la première grande figure issue de la Révolution. Notre recherche s’orientera tout d’abord en observant le cas socialement intéressant de ces musiciennes sans doute nombreuses oubliées de l’histoire. Nous choisirons entre autres exemples celui de mademoiselle Hélène Robert-Mazel, pianiste remarquée en son temps.

On ne sait en effet pas grand-chose de cette femme. Elle est mentionnée dans le supplément à la Biographie universelle des musiciens de Fétis par Pougin (1881) comme à l’aurore d’une gloire vers 1832 en qualité de brillante virtuose puis sa trace se perd après 1848.

Il faudra observer au travers de cet exemple quasi anonyme, comment au cours de la réorganisation de la société à partir de la Révolution, qui fonde notamment le Conservatoire, l’existence d’une société nouvelle de femmes musiciennes instruites et aux talents évidents (femmes interprètes, compositeurs et éventuellement professeurs) est entretenue. Ce statut donne sens ou espoir à la réalisation honnête d’une vie d’artiste : Madame Récamier encouragea les premiers pas de mademoiselle Hélène Robert-Mazel. L’enseignement au Conservatoire permet en effet que les classes, sans être mixtes, proposent des cours aussi bien dispensés à des femmes ou à des hommes. Des virtuoses féminins existent donc : Camille Moke, par exemple, qui épousa le riche fils d’Ignace Pleyel, le compositeur et célèbre facteur de piano.

Notre question sera de savoir quel avenir s’ouvrait alors à ces artistes femmes, si elles ne parvenaient pas à s’imposer. Nous nous demanderons également si les grandes figures sont si différentes dans leur destin de femmes et d’artistes – voire de femmes d’artistes, ce qui est néanmoins différent –, des figures oubliées. Hélène Robert-Mazel ne connaît-elle pas un sort au fond identique à celui de Clara Schumann, c’est-à-dire celui d’une musicienne plus ou moins sacrifiée ? Quel est enfin le statut de la création, pour la société du XIXe siècle, face à une vocation sociale à publier des ouvrages musicaux à la fois de formation et d’apprentissage pour la jeunesse, mais aussi de style et de plaisir pour les salons ?