Nos tutelles

CNRS

Nos partenaires

Rechercher




Accueil > Axes de recherche > Littérature et arts : discours, échanges, transferts > Littérature et art musical

- La romance en France, du Dictionnaire de musique de Rousseau aux Romances sans paroles de Verlaine

Responsable : Christine Planté

publié le , mis à jour le

Le projet a été suscité par la lecture et l’édition de Marceline Desbordes-Valmore qui fut actrice et chanteuse avant d’être poète. Le premier texte connu d’elle : « O toi que ma tremblante main/Traça pour mon amie… » a paru en 1807 sous le titre « Romance de Mademoiselle Marceline Desb… mise en musique avec accompagnement de Piano Forte ou Harpe par J. Mées, professeur et maître de chant » (Paris, chez Auguste Leduc et Cie).

Ses romances ont circulé avec succès à la fin de l’Empire et sous la Restauration. En 1815, le Journal de Paris lui décerne la « palme de la romance » (Jean Mongrédien, La Musique en France des Lumières au Romantisme, Flammarion, 1986, p. 236). L’indication Romances figure dans le titre de son premier recueil Élégies, Marie, romances (1819) et fournit un titre de section dans les suivants jusqu’en 1830.

L’inventaire reste à préciser. On trouve une cinquantaine de romances reprises dans les recueils successifs de 1819 à 1825, auxquelles viennent s’ajouter une vingtaine en 1830, plus des pièces isolées.

Formellement, il s’agit en général de pièces courtes, souvent inférieures à 20 vers, divisées en strophes, utilisant un refrain, ou une reprise en clausule de strophe, ou encore des strophes à rentrement, recourant abondamment aux vers courts, à l’hétérométrie, aux rimes banales jour/amour, jours/toujours, moi/toi, avenir/souvenir… Fréquemment mais non exclusivement sentimentale, la romance repose en général sur une narration au moins esquissée.

Cette forme a joué un rôle très important dans la formation de Desbordes-Valmore et constitue une des matrices de sa singularité poétique, en particulier sur les plans rythmique et énonciatif, comme dans l’invention d’une écriture de la voix.

Au-delà, la romance retient l’attention comme un phénomène culturel par la vogue qu’elle a connue, et comme un genre (à la fois poétique et musical) perçu comme féminin. Elle participe du renouvellement de la poésie lyrique, jouant comme un facteur de libération métrique, et subvertit les classements entre poésie et musique, art savant et art populaire.

Ce vaste champ peut voir son étude renouvelée par une collaboration entre spécialistes du XVIIIe siècle et du XIXe siècle, entre musicologues et littéraires.