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Accueil > Axes de recherche > Idéologies et constructions littéraires du savoir

- Formes et figures de la marche dans la pensée et la littérature des pays anglo-saxons

Responsable : François Specq (ENS de Lyon)

publié le

Une équipe d’anglicistes, américanistes et postcolonialistes du LIRE entend se consacrer à un domaine encore peu représenté en France et qui s’intègre autant dans les thèmes traditionnels du LIRE que dans les divers axes et projets qui font partie du contexte de recherche lyonnais : l’étude des dimensions cognitives, esthétiques et idéologiques des représentations du rapport entre l’homme et son environnement. La question sera d’abord abordée via le thème de la marche, pratique qui, laissant au corps une place importante, sans pour autant en elle-même impliquer de transformation du monde, déplace ou complique la frontière entre un environnement compris comme périphérique et un homme en position à la fois centrale et extérieure.

On tâchera notamment de cerner la généalogie littéraire de la marche, et de comprendre comment, et pourquoi, la marche s’est thématisée à l’époque moderne, jusqu’à former un vaste corpus de langue anglaise, qui dépasse largement les œuvres où elle semble occuper une place particulière (Wordsworth, Thoreau…).

On s’attachera à cerner le champ sémantique de la marche, défini par des termes tels que « walk », « ramble », « saunter », « roam », « hike », « peripatetic », mais aussi, suite à Baudelaire et Walter Benjamin, par le terme de « flâneur ». Des valeurs différentes sont-elles attachées à ces différentes pratiques ? Comment la marche permet-elle d’appréhender un milieu ? Quelles sont les différences entre le marcheur dans « la nature » et le marcheur en milieu urbain ? Par ailleurs, y a-t-il un genre (gender) de la marche ? (Entendons par là non pas seulement l’analyse des écrits de femmes, mais aussi la manière dont la marche s’inscrirait aussi comme pratique gendered chez les hommes.)

Il ne s’agira pas seulement de se consacrer à une histoire culturelle et littéraire, mais aussi à la dimension poétique, phénoménologique et philosophique de la marche. En d’autres termes, l’analyse des représentations et des pratiques ne devra jamais occulter celle des formes et d’une certaine textualité. Quels liens le genre de la marche entretient-il avec les genres littéraires entendus au sens traditionnel du terme : la marche est-elle intrinsèquement narrative ou poétique ? L’analyse des liens entre la marche et les activités d’écriture et de lecture, le rapport entre marche et créativité, la variété des « mises en texte » de la marche seront autant d’approches du corpus retenu.