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Accueil > Axes de recherche > Idéologies et constructions littéraires du savoir

- Représentations et constitution du chercheur (XVIIIe-XIXe siècles)

Responsable : Claude Rétat

publié le

Ce programme s’inscrit dans la suite du programme sur la découverte (« Découvrir. Discours et modèles de la découverte, 1760-1914 ») et tire profit de ses acquis et des problématiques posées. L’objectif, rappelons-le, était de dépasser le simple énoncé des « découvertes » et de s’interroger sur la notion, la valeur « découverte », la valorisation occidentale du « découvrir » en tant qu’acte fondateur, placé à la base d’une vision progressiste de la société : un découvrir se révélant dans ses épisodes (telle « découverte »), mais se constituant comme ressort de l’imaginaire, de la société moderne, de l’histoire : nous sommes partis d’un « découvrir » posé, à la fin du XVIIIe siècle, contre la théologie, contre toute une série d’anti-valeurs, mises, ensemble, dans le sac de l’immobilisme et de la répétition du déjà fait (érudition et théologie, pour D’Alembert). Nous avons rencontré une zone obscure de la découverte, à la fois terreau pour les poètes, terreur pour les administrateurs, et point de réflexion pour les philosophes : une sorte d’imprévisibilité apparaît constitutive du « découvrir » et de l’avènement du nouveau, en tant qu’il s’agit de la production, saisie dans le temps de l’histoire, d’un surplus qui par définition n’était pas contenu dans ce qui précédait : la découverte est aussi le contraire du syllogisme, elle est le lieu de production du nouveau, un lieu de la création dans l’histoire.
Comment donc prévoir et programmer la découverte ? La question conduit à une interrogation sur un terme qui semble transparent puisque nous vivons avec lui, aujourd’hui, celui de recherche, de « chercheur » : terme transparent et pourtant pierre d’achoppement dans la mesure où, d’un côté le terme est très valorisé (en témoigne l’extension du terme de chercheur), et de l’autre, dévalorisé (on aimerait mieux des trouveurs que des chercheurs, par exemple, selon la formule d’un politique, elle-même adaptée d’une formule attribuée à Picasso ou à Einstein selon les cas : « je ne cherche pas, je trouve »), dans la mesure aussi où les problèmes de gestion et d’organisation de la recherche sont plus que jamais à l’ordre du jour (programmation, management, etc.). Le moins qu’on puisse dire est que la question n’est ni consensuelle, ni sereine, ni réglée d’avance.