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- Les chemins de la découverte en Amérique du Nord : pratiques de l’espace (récits d’exploration XVIIe-XXe siècles)

publié le , mis à jour le

La conquête du territoire par des explorateurs a donné naissance à des journaux, des carnets de voyage, des lettres, des rapports, parmi lesquels le corpus sera choisi, mais aussi à des poèmes et des romans, qui pourront apporter un point de comparaison utile pour mesurer la différence entre observation et mythification, entre représentation et idéologie. Tous ces textes ont fait l’objet de nombreuses études diverses, mais on s’intéressera aux différentes pratiques de l’espace mises en jeu dans le processus d’exploration et d’invention de l’Amérique, à la façon dont l’homme appréhende son milieu naturel. Quels sont les différents chemins de la découverte ?

Si changement il y a eu, quand est-il apparu ? Le XVIIIe siècle ne serait-il pas une époque charnière ? En effet, s’il existe une théorie de l’empirisme, n’y a-t-il pas plusieurs pratiques de l’empirisme, comme peuvent le laisser penser les récits de Hearne et Mackenzie ? Il s’agira alors d’établir des comparaisons avec le développement des idées et des catégories esthétiques en Europe, et d’examiner dans quel sens les influences ont pu jouer. On pourra s’intéresser à la dimension scientifique de la découverte par les explorateurs d’une faune et d’une flore inconnues, et donc aux qualités de méthode, de curiosité intellectuelle et de description dont ces récits ont pu faire preuve. On pourra également confronter les récits de voyage à leur représentation déformée dans la fiction des XIXe et XXe siècles, en se demandant quelle a été la part des moyens de locomotion dans la conquête du territoire, ce qui amènera également à s’interroger sur le genre (au sens de gender) dans les récits de voyage et d’exploration. Il pourrait être intéressant également d’analyser les échanges de savoir-faire, en matière de vêtements, chaussures, alimentation… Enfin, il ne saurait être question de négliger la question du « nomadisme », réel ou forcé, des populations indigènes. La colonisation met en jeu deux manières de pratiquer l’espace et des formes complexes de déplacement, sans que l’on puisse simplement opposer nomadisme d’un côté et sédentarisation de l’autre.

Les enjeux de ce programme sont donc de continuer à définir les modalités esthétiques et rhétoriques de la construction d’une identité anglo-saxonne au travers des récits d’exploration et de leur exploitation ultérieure, en utilisant comme angle d’attaque privilégié la question des méthodes d’investigation, c’est-à-dire des chemins de la découverte, dans toutes les déclinaisons de ces termes.