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- Figurations des marges et interstices urbains. Paris-Le Caire-Constantinople, XIXe siècle

Responsables : Sarga Moussa et Daniel Lançon (Grenoble 3)

publié le , mis à jour le

Présentation

Contre l’idée reçue de la construction d’un Ailleurs toujours « exotique », donc très différent, cette comparaison entre les représentations de Paris, du Caire et de Constantinople, essentiellement dans la littérature française (romans, récits de voyage), devrait montrer qu’à partir du XIXe siècle, il existe en Occident comme en Orient des phénomènes conjoints ou successifs (avec des transferts culturels) de modernisation urbaine et sociale, dont la littérature rend compte tout en la mettant souvent en cause, notamment à travers un discours nostalgique porteur d’une forte critique idéologique sur les effets secondaires d’un « progrès » destructeur.

Du même coup, émerge un intérêt pour les banlieues, les quartiers pauvres, les zones frontières, où perdure un monde ancien souvent dégradé, fascinant par cela même les écrivains et les artistes. Mais la « marge » est parfois centrale, dans un lieu qui peut s’apparenter à un épicentre, catalyseur de création, où les signes se brouillent, et où se lisent les enjeux de libération du « local » par rapport à une pensée du « global. Mais ce souci patrimonial du « marginal », qui n’est pas que nostalgie passéiste (ce sentiment est contemporain, non par hasard, d’une conscience moderne de l’archive littéraire), concerne aussi l’espace urbain français, –Hugo, Zola, Apollinaire, ont fait une place, dans leur œuvre, à la face méconnue (miséreuse, souffrante, expulsée…) d’un Paris considéré traditionnellement comme la ville lumière. Il faudra examiner dans quelle mesure on peut rendre compte de cet intérêt à la fois social et littéraire pour la marginalité urbaine (avec toute la dimension créative qu’elle implique) grâce à une notion comme celle d’hétérotopie (Michel Foucault). Ces espaces qui constituent souvent l’envers de la ville « officielle » en sont à la fois le rejet et la trace refoulée. Leur prise en compte par la littérature, et leur étude aujourd’hui, à travers l’exemple de ces trois capitales, devrait contribuer à un renouvellement de la réflexion sur les marginalités urbaines au-delà des supposés clivages entre Orient et Occident.

Collaborateurs LIRE

  • Olivier Bara
  • Delphine Gleizes
  • Claudine Grossir
  • Sarga Moussa
  • Philippe Régnier
  • Frédéric Regard
  • Jean-Marie Roulin.

Associés

  • Marta Caraion (université de Lausanne)
  • Jérôme David (université de Lausanne)
  • Franck Laurent (Le Mans)
  • Martine Lavaud (Paris IV)
  • Corinne Saminadayar-Perrin (Montpellier 3)
  • Sylvain Venayre (Paris 1)
  • Khalid Zekri (univ. de Meknès)