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- Le masculin en révolution.

Constructions et enjeux du masculin dans la littérature de l’Émile à La Comédie humaine

publié le , mis à jour le

Responsables : Jean-Marie Roulin (LIRE, université de Saint-Étienne) et Daniele Maira (université de Bâle).

Présentation

Le passage de l’Ancien Régime à la France moderne s’est accompagné d’une redéfinition des genres et des frontières du masculin et du féminin. Ces années capitales dans l’histoire de la culture européenne sont entre autres caractérisées par une profonde rupture épistémologique, comme l’a montré Michel Foucault. Dans un livre qui a fait débat, Thomas Laqueur y a vu le moment du basculement du modèle « unisexe » qui a prévalu de l’Antiquité aux Lumières à celui de la sexuation. De plus, tout autant qu’un transfert de la propriété, la Révolution a été un moment du déplacement et de redéfinition du pouvoir et de ses symboliques. Les textes littéraires offrent des représentations de la relation entre le genre et le pouvoir. Ce programme étudiera les définitions du masculin, ses remises en cause et ses redéfinitions, sa relation dynamique au féminin dans la littérature française autour de la Révolution, depuis ses fondements intellectuels proches, avec Le Contrat social et l’Émile de Rousseau, jusque dans la figuration romanesque la plus proche de la Révolution, à savoir La Comédie humaine.

La réflexion portera sur les incarnations dans des figures littéraires, avec l’émergence de nouveaux personnages littéraires (l’homme romantique), les dynamiques inédites entre les sexes et les genres qui opposent ou font converger le masculin et le féminin (Lorenzaccio, Lucien de Rubempré), ou des situations inédites qui caractérisent la société (post-) révolutionnaire. De quelle manière une posture subversive ou alternative du masculin peut-elle être conçue comme une forme de résistance politique pour s’opposer à l’idée dominante du masculin ?

La Révolution instaure un nouveau système symbolique qui repose sur un imaginaire genré. Ainsi, se sont mises en place des allégories féminines de la république symétriquement à des représentations viriles du Républicain, notamment à travers la figure d’Hercule. Comment est assimilé/filtré l’idéal masculin révolutionnaire dans le discours littéraire républicain, impérial, royaliste, contre-révolutionnaire ou libéral ?

Le masculin travaille la représentation à plusieurs niveaux, lié à des enjeux de pouvoir, personnel ou institutionnel. On étudiera les remises en cause et les redéfinitions dont il fait l’objet, dans une relation dynamique avec le féminin, avec lequel les frontières sont plus ou moins marquées.

Fruit d’une collaboration internationale, le programme se déroulera en deux temps : une première rencontre de deux jours se tiendra à l’université Jean Monnet de Saint-Étienne, et une seconde à l’Institut d’Études françaises et francophones de l’Université de Bâle.

Voir la présentation et le programme de ce colloque international