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Accueil > Axes de recherche > Le texte de presse

- La fabrication du lecteur

Responsable : Denis Reynaud

publié le , mis à jour le

Participants LIRE

  • Anne-Marie Mercier-Faivre
  • Michael O’Dea
  • Olivier Ferret
  • Christophe Cave
  • Pierre Saby
  • Catherine Ailloud-Nicolas
  • Samy Ben Messaoud
  • Claude Labrosse
  • Simone Messina
  • Annie Rivarra
  • Éric Négrel

Présentation

Sous l’Ancien Régime, les entreprises de presse étaient de petites structures. Le rédacteur s’appuyait non pas sur une équipe de journalistes mais sur un réseau de correspondants. C’est ainsi qu’une gazette était composée presque entièrement de lettres et de pièces officielles. Au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle, on observe un déplacement dans l’équilibre interne des périodiques. D’une part, à côté des documents reçus, se développa un véritable discours éditorial, d’autre part les lettres reproduites émanaient moins de professionnels anonymes payés pour leurs services, que de lecteurs qui signaient de leur nom, d’un pseudonyme ou de la formule « un abonné » des missives spontanément envoyées « aux auteurs du journal ».

Dans les années 1780, ces contributions bénévoles occupent de 15 à 20 % d’un quotidien tel que le Journal de Paris. À peu près absent des premières gazettes, ce qu’on n’appelle pas encore le « courrier des lecteurs » existait déjà dans certains journaux littéraires ou spécialisés. On date parfois son apparition de 1721, lors de la réorganisation du Mercure de France ; une enquête plus vaste et plus nuancée sur l’origine du genre est nécessaire.

Vraies et fausses lettres aux journaux ont été étudiées pour la période révolutionnaire (J.-M. Goulemot, « Et Marat inventa le courrier des lecteurs… », Histoire n° 97, février 1987 ; C. Cave et D. Reynaud, « La fausse lettre au journal en 1793 », La Lettre et le politique, Champion, 1996), mais il faut s’intéresser de plus près au développement de cette pratique au cours des décennies précédentes, et s’interroger sur le sens nouveau qu’elle prend lorsqu’elle s’étend aux grands périodiques d’information. Car le journal se pose alors non plus seulement en source plus ou moins autorisée, mais en destinataire universel, et trouve dans les lettres reçues la vraie légitimation d’un rôle social souvent contesté.

L’étude de ce qui nous apparaît comme une mutation essentielle dans l’histoire de la presse périodique est d’autant plus importante aujourd’hui qu’elle trouve des échos dans l’évolution récente des médias modernes, qui font de plus en plus appel à une aide prétendument « citoyenne » et certainement bénévole pour emplir leurs colonnes et leurs écrans.

Cette redéfinition du lecteur comme agent actif de l’œuvre qu’il lit, engage en outre une nouvelle conception du rapport au texte qui dépasse largement le cadre de la presse d’information pour concerner toute la littérature.

Objetctifs

  • Travaux de l’équipe en séminaire
  • 2 journées d’étude et publication d’un ouvrage collectif
  • Colloque en fin de quinennal sur les différents débats et « querelles » du XVIIIe siècle à travers la presse.