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Ceci n’est pas une fiction. Les romans vrais de B. S. Johnson.

Vanessa Guignery

publié le , mis à jour le

Ceci n’est pas une fiction. Les romans vrais de B.S. Johnson.


Vanessa Guignery

Presses Universitaires de la Sorbonne

collection « Britannia »


2010

ISBN : 978-2-84050-643-0

320 p.

19 €


Présentation

Cet ouvrage analyse l’œuvre insolite et enthousiasmante de l’écrivain Bryan Stanley Johnson (1933-1973). Romancier, poète, essayiste, dramaturge, scénariste, réalisateur et critique littéraire, B.S. Johnson est l’un des acteurs les plus radicaux de la scène littéraire britannique des années 1960 et 1970. Ses expérimentations formelles et son exploitation de la matérialité du livre (pages perforées, livre non relié, texte partagé en deux colonnes, blancs typographiques…) sont mises au service d’une poétique de la vérité qui rejette les mensonges de l’imagination et invite à repenser les frontières entre autobiographie et roman. Se plaçant souvent au centre de son œuvre, l’écrivain revendique un discours vrai, sincère, authentique, et se positionne en faveur d’un engagement à la fois émotionnel et éthique. Il redéfinit les contours du genre romanesque en le dissociant de la fiction et met en œuvre des dispositifs insolites qui visent à bousculer les formes narratives traditionnelles et renouveler les modes de la mimésis.

En partant des présupposés théoriques de B.S. Johnson, l’ouvrage tente de cerner la vérité qu’il entend transmettre dans ses romans et quels moyens il met en œuvre pour atteindre le but qu’il s’est fixé. Tout en soulignant les contradictions qui traversent son œuvre, l’étude cherche à montrer que Johnson a su faire évoluer le genre romanesque en l’ouvrant à de multiples expérimentations narratives, graphiques et formelles. Au fil de microlectures, des exemples précis tirés des ouvrages de B.S. Johnson permettent de mettre sa théorie à l’épreuve et d’analyser plus particulièrement ses choix formels tant sur le plan de la narration que de la graphie. L’examen des relations ambiguës entre formalisme et mimétisme permet de démonter les mécanismes de ses innovations formelles et modes métafictionnels et d’identifier leurs fonctions et leurs effets. Ainsi les procédés mis en place par l’écrivain vont bien au-delà du simple jeu expérimental, postmoderniste ou défamiliarisant auquel ils ont souvent été limités, et n’évacuent ni un fondement émotionnel, ni un questionnement éthique. L’œuvre de Johnson engage en effet le lecteur à s’interroger sur le statut et la place de la vérité en littérature, à repenser les frontières entre autobiographie et roman, et à éprouver les modes détournés de la mimésis.

L’ouvrage est précédé d’une préface du romancier britannique Jonathan Coe, auteur de la biographie de B.S. Johnson, Like a Fiery Elephant (2004), et comporte cinq parties. « 1. Poétique de la vérité » replace Johnson dans le contexte littéraire des années soixante et rappelle les fondements de sa théorie sur le roman-vérité. « 2. Trawl ou les remous autobiographiques » interroge le genre du troisième ouvrage de Johnson qui emprunte de nombreux procédés à l’autobiographie (pactes d’identité, de référentialité, de sincérité) tout en usant d’une langue poétique, participe du Bildungsroman, du Künstlerroman, et du roman existentiel, et n’échappe pas à la construction d’une rhétorique du soi. « 3. La fiction dans tous ses états » s’intéresse aux emprunts de Johnson à l’autofiction, la fiction et la métafiction, et tente de déterminer si l’auteur déroge à la règle de vérité qu’il s’est fixé. « 4. House Mother Normal ou la composition en lambeaux » se penche sur les composantes à la fois défamiliarisantes et mimétiques du cinquième roman de Johnson, et montre comment cet ouvrage se nourrit d’une tension ou d’une oscillation entre ordre et désordre, construction et déconstruction, composition et dissolution. « 5. Écritures de la plasticité » analyse la démarche paradoxale d’un écrivain qui, d’une part, dans une perspective métafictionnelle, ne cesse de démonter les mécanismes du roman, de défamiliariser les conventions de la tradition réaliste et de dénoncer les artifices de la fiction, et qui, d’autre part, prend acte de la faillite du langage et, plutôt que de n’investir que les mots d’une mission mimétique, utilise des procédés graphiques pour représenter le plus fidèlement possible certains aspects de la réalité.


Table des matières

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Page de présentation de l’ouvrage sur le site des PUPS