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Jules Michelet, Bible de l’humanité

Édition critique établie par Laudyce Rétat 

publié le

Jules Michelet, Bible de l’humanité


Édition critique établie par Laudyce Rétat

Paris, Honoré Champion éditeur, 2009

collection « Textes de littérature moderne et contemporaine », N° 117

ISBN : 978-2-7453-1888-6

440 p.

70 €


4e de couverture

Méconnue, peu rééditée, la Bible de l’humanité transfigure par le mythe la « vérité » de Michelet. Très riche, le fonds manuscrit de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris invite à suivre la genèse d’un texte et la radicalité d’une passion.

Polémique dans son lyrisme, l’œuvre prétend rejeter dans la « nuit » la tradition judéo-chrétienne et occulter la Bible en lui opposant ses propres valeurs. La France issue de 89, que Michelet dissocie violemment des âges de foi, trouve pour lui sa préfiguration dans les « peuples de la lumière » (Inde, Perse, Grèce). La morale n’est pas chez eux fille de l’obéissance. C’est d’eux que la Révolution française tient son origine : comme eux elle naît de sa propre liberté, elle est à elle-même sa propre Église.

Riposte hyperbolique à la Vie de Jésus de Renan (1863), la Bible de l’humanité (1864) s’en prend à l’idéalisme qui transpose les valeurs du passé au lieu de rompre avec elles. C’est en ce sens que Michelet se déclare « contre Renan et le Christ ». L’effort de Renan pour diffuser l’esprit de l’Évangile exaspère l’historien. Il ne cesse de postuler une irréductible opposition entre la Justice et la Grâce, qu’il dénature en goût de la « loterie », perversion « romanesque » et « féminine ». Ainsi prend forme un des débats fondamentaux du siècle dans son rapport au christianisme : le traduire ou le détruire. Indissociable des questions d’origine, il s’affirme déterminant pour façonner la conscience que la modernité prend ou veut prendre d’elle même.

Partiale et passionnée, la vision se superpose ici à l’histoire, la parole s’exalte en pouvoir de fascination, la charge se résout en poème.


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