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Journée des doctorants : 28 mai 2009

Organisation : Équipe ENS de Lyon 19e

publié le , mis à jour le

Lieu : ENSde Lyon

Programme

9 h 00. Pierre CRÉTOIS :

  • Thèse : « L’émergence de la notion moderne de propriété au XVIIIe siècle », dir. Juliette Grange, co-tutelle avec Mme Janet Colemean, London School of Economics and Political Science
  • Titre de la présentation : « L’étrange solidarité des citoyens chez Rousseau »
  • Résumé

Il s’agit de faire un constat ou plutôt une description de la situation politique chez Rousseau. Elle fait paradoxe. En principe, le type de relations qui structure une société sont des relations à plusieurs termes qui supposent l’existence de plusieurs personnes qui entrent les unes vis-à-vis des autres dans un processus d’échange (la relation de vente par exemple suppose l’existence d’un vendeur et d’un acheteur qui soient deux personnes différentes animées d’intérêts distincts), chacun donnant aux autres ce que les autres n’ont pas seul et vice-versa, de telle sorte que chacun ait sa place dans cette structure d’échange en poursuivant son propre intérêt, en sorte même que la différenciation des places loin d’éclater la société rend tous les membres complémentaires, dépendants les uns des autres, bref, dans une réunion de fait. Or, Rousseau, pose au contraire que le politique s’institue par la volonté générale qui n’est qu’un rapport monologique de soi à soi : elle se détermine « dans le silence des passions » (Manuscrit de Genève) sans que les citoyens « suffisamment informés » (Contrat Social II, 3) n’aient « aucune communication entre eux » (loc. Cit.). En sorte que l’union dans la volonté générale n’implique pas de rapport à d’autres que soi, mais seulement à soi-même et aux autres comme d’autres moi-même. C’est pourquoi, s’il y a solidarité chez Rousseau, elle est bien étrange puisqu’elle ne lie aux autres qu’en reconduisant au soi intime.

9 h 30. Vincent Malleron :

  • Thèse :« Environnement collaboratif pour l’enrichissement, la valorisation et la documentation d’un corpus multi supports en sciences humaines : l’édition électronique des dossiers de Bouvard et Pécuchet de Flaubert », dir. Philippe Régnier.
  • Titre de la présentation : « Apports de l’analyse d’image pour l’étude des manuscrits du dix-neuvième siècle : l’exemple des dossiers de Bouvard et Pécuchet »
  • Résumé

Dans cette communication on détaillera les différents apports de l’analyse d’image pour les corpus manuscrits au travers d’un exemple : les « Dossiers de Bouvard et Pécuchet > ».
On détaillera trois axes d’investigation principaux > :
- La reconnaissance de la structure des manuscrits
- L’aide à la transcription
- L’apport d’éléments d’indexation automatisés
La reconnaissance de la structure est une étape essentielle de notre travail : il est en effet important de pouvoir extraire et conserver au mieux la structure fragmentaire d’un corpus. Il nous faut donc pour cela disposer d’une division en fragments textuels de chacune des pages du corpus. Cette étape sera réalisée via une pré-segmentation informatique validée par la suite par les transcripteurs et épargnera ainsi un fastidieux travail de détourage manuel.

Un certain nombre d’exemples seront présentés.
Cette reconnaissance de la structure nous permettra par ailleurs d’envisager une mise en correspondance du manuscrit numérisé et de sa transcription pour l’aide à la consultation par le profane.

Les apports concernant l’aide à la transcription peuvent être nombreux, on exposera dans cette communication un ensemble de méthodes allant de la recherche d’illisibles à la récupération d’un fragment verso.

Enfin, la mise au point d’outils informatiques nous permet de réaliser l’extraction d’éléments d’indexation pour le corpus : la structure mais aussi la mise en page apportent notamment des éléments d’indexation. L’utilisation de l’analyse d’image nous permettra également de remplir un certain nombre de méta-données de manière automatisée : les différents scripteurs, la couleur de papier, ou encore la présence de signes génétiques pourront être identifiés pour l’indexation.

10 h. Pause

10 h 30. Fausto Calaça :

  • Thèse : « Balzac et le souci de soi », dir. Olivier Bara, co-direction avec le Professeur Terezinha de Camargo Viana, université de Brasilia
  • Titre de la présentation : « Le portrait d’Augustine dans La Maison du chat-qui-pelote, ou d’une herméneutique balzacienne du sujet »
  • Résumé

Paris, 1811, sous le Premier Empire. En nous conduisant à la rue Saint-Denis, Honoré de Balzac ouvre les rideaux de La Comédie humaine et de la série des Études de mœurs sous le regard du personnage Théodore de Sommervieux : un artiste qui examine, avec un enthousiasme d’archéologue, la façade de la maison du Chat-qui-pelote. Le regard du jeune peintre a une fonction inaugurale pour fixer, dans son style et dans sa puissance dramatique visuelle, la forme la plus typique de l’exposition romanesque chez Balzac. Éperdument amoureux d’Augustine, jolie fille de commerçants élevée dans un milieu simple et qui se trouvait à la fenêtre de la vieille maison, il s’enferme dans son atelier pour faire le portrait d’Augustine et le tableau du Chat-qui-pelote. Augustine voit le tableau de son portrait exposé au Salon. Un frisson la fait trembler. Au fond de son cœur, elle sent une jouissance inconnue qui vivifie tout son être. Ce moment est pour elle comme une seconde naissance. Dans cette scène balzacienne, nous percevons une expérience de « transfiguration de soi » motivée par l’art. La scène illustre le régime herméneutique adopté par Balzac pour représenter le monde humain comme processus permanent de constitution de soi par la médiation du regard d’autrui et des représentations sociales ou artistiques. Dans ce travail de thèse, nous envisageons en effet une approche qui articule les récits de Balzac et les études de Michel Foucault sur l’herméneutique du sujet. La littérature balzacienne révèle une notion de sujet proche de la notion foucaldienne du « souci de soi » : malgré les déterminations sociales, historiques et culturelles, le sujet est capable d’effectuer des changements en lui-même et de produire d’autres sens ou d’autres formes d’existence.

11 h. Pierino Gallo :

  • Thèse : « L’épopée moderne dans les premières œuvres de Chateaubriand : intertextualité, citations et imitations », dir. Mme Annamaria Laserra, université de Salerme, Italie, en co-tutelle avec Jean-Marie Roulin, université Jean Monnet Saint-Étienne.
  • Titre de la présentation : « L’épopée moderne dans les premières œuvres de Chateaubriand : intertextualité, imitations, évolutions »
  • Résumé

Définie dans le Génie du christianisme comme « la première des compositions poétiques » [II, l. I, ch. 1], l’épopée – bien qu’héritière de la conception aristotélicienne – ne cesse jamais d’évoluer au fil des siècles, tout en ouvrant, à l’articulation des Lumières et à l’aube du Romantisme, un espace littéraire privilégié en prise directe sur la réalité contemporaine. Tantôt célébration du Nouveau Monde, tantôt parole primitive aux sources de l’idée de « nation », tantôt encore réflexion historico-politique sur la Révolution, le genre épique décline ses fonctions en engendrant au cours du XVIIIe siècle une série de grands débats.

C’est dans ce tournant idéologique et conceptuel concernant l’épopée que notre travail de doctorat essaiera d’exploiter les différentes façons d’écrire l’Histoire par un auteur soucieux du présent. À travers l’analyse du corpus hétérogène des premières œuvres de Chateaubriand (de l’Essai sur les révolutions et le Génie du christianisme jusqu’aux épopées Les Natchez et Les Martyrs), on visera tout d’abord à démontrer comment le dialogue avec les sources – témoigné par le phénomène intertextuel – accorde le respect des modèles aux exigences d’appréhender l’évolution politique d’une société nouvelle. Après le drame de la Révolution française et l’expérience de l’Empire napoléonien, la référence épique joue un rôle capital, chez l’exilé de Bretagne, dans le passage du fait à la fiction. Véritable carrefour d’études poétologiques, pensée politique et analyse historique, cette thèse tentera, enfin, de relire la première production de Chateaubriand dans la perspective d’un auteur et de sa conception de Liberté, toujours en action sous les données esthétiques d’un genre renouvelé.

11 h 30. Rania Aly :

  • Thèse : « Stratégies d’écriture du mémorialiste homme de pouvoir : l’exemple des "Mémoires de Nubar Pacha" et des "Mémoires d’un souverain par Abbas Hilmi II, Khédive d’Égypte (1892-1914)" », dir. Sarga Moussa, co-tutelle avec Randa Sabry, université du Caire, Égypte

Les Mémoires sont parfois pour leurs auteurs une seconde chance d’agir. Pour un ancien homme d’Etat, les Mémoires lui représentent, en quelque sorte, une reprise de pouvoir où il ne gouverne que sa phrase et où le mot devient la seule arme dont il dispose. Nous étudions les stratégies d’écriture des mémoires de deux hommes de pouvoir en Égypte en prenant l’exemple des Mémoires de Nubar Pacha et des Mémoires d’un souverain par Abbas Hilmi II, Khédive d’Egypte (1892 - 1914). Ces deux ouvrages sont rédigés en français, dans un style soigné et rigoureux, leurs auteurs nous racontent leurs mémoires en Égypte au tournant du XIXe siècle : période riche en événements qui ont influencé et défini l’identité de l’Égypte « moderne ». Nous citons en guise d’exemples de ces événements : le règne de Mohamed Ali, la construction du canal de Suez, l’occupation anglaise, etc. Nous avons dans les mémoires étudiés des références sur la vie de l’ex-premier ministre Nubar Pacha qui a servi tous les khédives (vice-rois) que l’Égypte a connu en occupant des postes variés et importants ! Nous avons aussi des informations sur la vie du dernier khédive d’Égypte, son éducation, son règne. Nous avons surtout dans ces mémoires une Égypte qui n’est plus. Nous soulevons dans notre étude plusieurs questions : quelle place occupe la langue française dans la cour et en Égypte à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle ? quelles stratégies les mémorialistes adoptent-ils en écrivant leur vie ? peut-on théoriser l’écriture des mémoires ? quel est l’intérêt des mémoires pour leurs auteurs ? leurs lecteurs à l’époque ? et leurs lecteurs de nos jours ?


12 h. Pause déjeuner au restaurant de l’ENS


14 h. Jean-Christophe Emmenegger

  • Thèse : « Le voyage au Caucase dans la littérature d’expression française au XIXe siècle », dir. Sarga Moussa, co-tutelle avec Michel Viegnes, université de Fribourg, Suisse
  • Titre de la présentation : « L’imaginaire du Caucase dans la littérature d’expression française au XIXe siècle : Corpus et problématique d’après quelques exemples. »
  • Résumé

L’occurrence « Caucase » dans les études littéraires (déjà rare en soi) se trouvera rarement sans l’affirmation préliminaire et prépondérante de l’occurrence « Russie », ce rapport de domination faisant peut-être écho à une vision inconsciemment politisée de la culture, qui, comme l’a prétendu E. Saïd, n’épargne guère la production littéraire ni, à sa suite, la production critique. Par conséquent, l’importante littérature d’expression française à sujet « caucasien » reste largement ignorée, et le choix d’un corpus est de première importance.

Le terrain d’investigation paraissant vierge (études littéraires quasi inexistantes à ce sujet), il nous paraît essentiel de donner d’abord une vue d’ensemble de la production en question, grâce à une approche diachronique et transgénérique de notre corpus qui comprend : récits de voyage, textes de fiction, textes à vocation scientifique mais qui trahissent une prétention littéraire, littérature dite populaire, traductions en français de textes en langue étrangère, voire de la correspondance.

Nous défendrons la diversité générique de notre corpus, — et l’étendue de sa chronologie,- en l’illustrant par quelques textes que nous relierons entre eux, selon des critères d’analyse et d’interprétation présentés au cours de la communication :

-  POTOCKI Jan (écrivain, voyageur, homme politique, homme de science) Voyage à Astrakan et sur la ligne du Caucase, dans Œuvres II, éd. François Rosset et Dominique Triaire, Louvain – Paris – Dudley, MA – Peeters, 2004 [éd. Klaproth, Merlin, 2 vol., 1829].

-  SCIOBÉRET Pierre (écrivain, précepteur, homme politique), Abdallah Schlatter ou les aventures d’un Suisse au Caucase, Lausanne, 1870.

-  CHANTRE Ernest (ethnologue, voyageur), « De Beyrouth à Tiflis  », Le Tour du Monde, 1889, tome II, p. 209-304.

-  JELIKOVSKA Vera (écrivain surtout pour la jeunesse), Aventures au Caucase, traduit du russe par G. Savitch, ill. de Léon Tzeyline, Paris, Librairie P. Ollendorff, s.d. [1911]

Etc.

14 h 30. Smaïl Adil :

  • Thèse : « Le voyage en Abyssinie au XIXe siècle (1814-1914) », dir. S. Moussa

15 h. Pause

15 h 30. Dorota Chlanda

  • Thèse : « Tempus edax rerum. Le voyage sur ses propres traces dans le récit de voyage du prince Henryk Lubomirski », dir. S. Moussa, co-direction avec Izabella Zatorska, université de Varsovie, Pologne

16 h. Axel Hohnsbein

  • Thèse : « La science en mouvement. Dispositifs optiques et machines à images au prisme de la presse de vulgarisation scientifique au XIXe siècle », dir. Christine Planté
  • Titre de la présentation :« Une invention sans nom : la découverte des rayons X dans la presse de vulgarisation scientifique. »
  • Résumé

Découverts par hasard fin 1895 par l’Allemand Röntgen, les rayons X ont connu un succès hors du commun, suscitant un très grand nombre d’articles publiés aussi bien dans la presse de vulgarisation scientifique que dans la presse généraliste. Du jour au lendemain, un homme avait trouvé la possibilité de sonder les reins et les cœurs, de voir dans les corps sans avoir à intervenir chirurgicalement. Dès février 1896, les Comptes Rendus de l’Académie des Sciences sont brutalement envahis par ces rayons mystérieux, tandis que des périodiques comme le Bulletin de la Société française de photographie, Le Cosmos ou La Nature multiplient les reproductions de ces images spectaculaires.

Cette faculté merveilleuse acquise, restait à en expliquer le fonctionnement. Or, comme leur nom continue de l’indiquer aujourd’hui encore, les rayons X sont restés une énigme pendant plusieurs mois, suscitant nombre d’analyses contradictoires, relayées dans des articles pouvant parfois se contredire radicalement. Entre merveilleux scientifique et magie pure, les images de squelettes, d’organes, d’animaux et d’objets divers se sont multipliées, tandis que les théories et les applications les plus étonnantes étaient envisagées.


Lieu :
École Normale Supérieure Lettres et Sciences humaines
15, parvis René Descartes
69007 Lyon
Métro Debourg

Salle F 004
http://www.ens-lsh.fr

Renseignements : Sarah Mombert, @Mombert