Nos tutelles

CNRS

Nos partenaires

Rechercher




Accueil > Publications > Présentation des ouvrages > 2007

2005

La poésie populaire en France au XIXe siècle, Théories, pratiques et réception

Sous la direction de Hélène Millot, Nathalie Vincent Munnia, Marie Claude Schapira, Michèle Fontana

publié le , mis à jour le


4e de couverture

S’agissant du XIXe siècle, c’est plus volontiers au roman qu’est accolée l’épithète de populaire, surtout aux formes et aux contenus de masse que lui donne son rôle de feuilleton dans les journaux à grand tirage.

C’est pourtant dans et par la poésie qu’à partir de 1830 et grâce à 1830, les barbares modernes — autrement nommés les « prolétaires » — font incursion dans le champ de la littérature. Alors qu’en Allemagne, l’acception nationale prédominait dans le concept de Volkspoesie tel que l’histoire littéraire naissante le transfère au début du siècle de ce côté-ci du Rhin, la dimension sociopolitique, en France, marque d’emblée un phénomène autonome qui défraie la critique mais gagne les sympathies actives des socialistes et des notables de la littérature (de George Sand et de Béranger à Lamartine et à Hugo) pendant que, sollicitée par l’État, la science universitaire, elle, préfère mettre en avant la longue durée et l’ethnicité des chants et chansons accumulés par la tradition orale depuis le Moyen Âge.

Après avoir évalué le degré d’innovation et d’autonomie des poètes ouvriers contemporains du romantisme, les collaborateurs de l’ouvrage prennent en compte la réalité des textes, constatent leur fréquente conformation aux modèles reçus mais mettent aussi en évidence des thématiques, des projets, des parcours poétiques originaux, que des théorisations d’époque ont essayé de problématiser et qui, de façon médiate, mais en profondeur, ne sont pas demeurés sans effets sur la grande poésie — celle notamment de Baudelaire.

Ainsi comprend-on mieux les évolutions observables dans la seconde moitié du siècle, lorsqu’à côté d’une poésie « humanitaire » bien pensante, le cabaret, à l’exemple du Chat noir, esthétise et spectacularise l’élan initial. Mais outre le cas singulier de Jehan-Rictus, que sa révolte contre les contrefaçons bourgeoises amène à travailler sur la langue comme, plus tard, le fera un Céline, la poésie populaire fait alors résurgence dans les chants de la Commune, dans la chanson de grève et dans le genre de la chanson anarchiste.

Au total, c’est un continent poétique englouti que notre équipe de recherche a tenté de cerner, d’explorer et de proposer à une redécouverte.

Ph. R.


TABLE DES MATIÈRES

- 

  • Introduction (H. Millot) (p. 7)

- 

PREMIÈRE PARTIE

L’essor dans les années 1830 1850. Conditions et modalités (p. 23 à 168)

- 

Chapitre I. Redécouverte et valorisation (p. 25)

  • Chanson populaire traditionnelle et poésie régionale dans la première moitié du XIXe siècle (B. Plötner Le Lay) (p. 28)
  • La collecte de 1852 comme constitution d’un Trésor de la poésie populaire (B. Plötner Le Lay) (46)

Chapitre II. Tradition(s) et évolution (p. 67)

  • Les chansons du Compagnonnage (H. Millot) (p. 68)
  • Les sociétés chantantes : Caveau et goguettes (H. Millot (p. 73)
  • La Révolution française : un héritage paradoxal (L. Andries) (p. 80)
  • La poésie populaire et la chanson face à la censure et à la répression (M. Oberthür et H. Millot) (p. 90)

Chapitre III. Conditions de publication (p. 99)

La presse ouvrière

  • La Ruche populaire et la poésie des ouvriers (Ph. Régnier) (p. 101)
  • L’Écho de la Fabrique (L. Czyba) (p. 118)
  • L’Atelier (M. C. Schapira) (p. 126)
  • Les anthologies (M. C. Schapira) (p. 133)
  • Les recueils individuels (M. C. Schapira) (p. 159)

Chapitre IV. Parrains et protégés (p. 145)

  • La relation de parrainage (H. Millot) (p. 145)
  • Lamartine et Reine Garde (C. Planté) (p. 152)
  • George Sand et Charles Poncy (M. L. Aurenche et H. Millot) (p. 159)

- 

DEUXIÈME PARTIE

« Ces cris d’une douleur sauvage ». Pratique(s) de la poésie populaire (1830 1850) (p. 169 à 380)

Introduction (N. Vincent Munnia) (p. 171)

Chapitre I. Conformité et spécifité (p. 179)

  • La formation intellectuelle et la culture littéraire des poètes populaires selon leurs biographes (H. Millot) (p. 181)

Les modèles

  • Références et reconnaissances (N. Vincent Munnia, L. Czyba et D. Gleizes) (p. 185)
  • Variations sur un modèle : l’exemple de Victor Hugo (D. Gleizes) (p. 208)
  • L’art de la versification populaire (A. Vaillant) (p. 214)

Chapitre II. Le « luth prolétaire » thématiques et poétiques populaires (p. 225)

Harmoniques

  • La poésie de circonstance (N. Vincent Munnia) (p. 227)
  • Une poésie du divertissement (N. Vincent Munnia) (p. 231)
  • Un lyrisme populaire ? (N. Vincent Munnia) (p. 238)

Grandes lignes mélodiques

  • Le réalisme ouvrier (H. Millot et N. Vincent Munnia) (p. 252)
  • Une poésie sociale (H. Millot et N. Vincent Munnia) (p. 264)
  • Une portée politique la poésie des goguettes républicaines et la chanson révolutionnaire (H. Millot) (p. 305)

Chapitre III. Trois poètes, trois parcours (p. 325)

  • « Savinien Lapointe, ouvrier cordonnier » (1812 1893). La carrière d’un prolétaire égaré dans la République des lettres (Ph. Régnier) (p. 324)
  • Louis Vinçard, dit Vinçard aîné une autobiographie trop exemplaire (Ph. Régnier) (p. 347)
  • Jasmin, le troubadour du peuple (Claire Torreilles) (p. 362)

Chapitre IV. Éclats de voix (N. Vincent Munnia) (p. 377)

- 

TROISIÈME PARTIE

Théories, mythes et réception (p. 381 à 492)

Introduction (M C. Schapira) (p. 383)

Chapitre I. Poètes lettrés et poètes populaires : tentation du mythe et tentatives de théories (p. 393)

  • Élaboration sandienne d’une théorie de la poésie populaire : les conseils à Poncy (M. L. Aurenche et M. C. Schapira) (p. 393)
  • Lamartine, Reine Garde et les deux poésies (C. Planté) (p. 398)
  • Palinodies de Michelet : entre poésie et prose, Allemagne et France, patriotisme et socialisme, procuration et accaparement (Ph. Régnier) (p. 406)
  • Victor Hugo : de l’éloge de la résignation à l’exaltation de la révolte (D. Gleizes) (p. 417)
  • Baudelaire, Pierre Dupont et la poésie populaire (A. Vaillant) (p. 424)

Chapitre II. Théories populaires de la poésie populaire (p. 433)

  • Les préfaces autographes, les poèmes posturaux et allocutoires (H. Millot) (p. 434)
  • Poésies sociales des ouvriers : une manipulation douce (M. C. Schapira) (p. 440)
  • L’Atelier : « qui aime bien châtie bien » (M. C. Schapira) (p. 456)

Chapitre III. Face à la critique institutionnelle (p. 467)

  • La Revue des deux mondes et la Revue de Paris de 1829 à 1851 : des encouragements à la dénonciation (Ph. Régnier) (p. 467)
  • La Revue des deux mondes et la Revue bleue : la réception critique entre les années 1850 et 1900 (H. Millot) (p. 485)

- 

QUATRIÈME PARTIE

Persistance et mutations dans la seconde moitié du siècle (p. 493 à 597)

Introduction. Le cadre juridique de l’expression populaire de 1852 à 1914 (M. Oberthür et M. Fontana) (p. 495)

Chapitre I. Tentative de récupération : la poésie humanitaire (M. Fontana) (p. 503)

Chapitre II. Évolution et risques : le passage au spectacle Montmartre, conservatoire de la poésie populaire (M. Oberthür et M. Fontana) (p. 519)

Chapitre III. Persistance d’une poésie sociale et révolutionnaire (p. 537)

  • L’« artisse » et « populo » Jehan Rictus, poète populaire (M. Fontana) (p. 537)
  • Chanter (sous) la Commune (X. Gauthier) (p. 550)
  • Les chansons de grève le chant du peuple à Saint Etienne (J P. Simard) (p. 563)
  • La chanson anarchiste à la Belle Époque (M. Fontana) (p. 573)

- 

Notes(p. 589)

Bibliographie (p. 691)

Index des noms de personne mentionnés (p. 747)

Dossier iconographique (p. 763)