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Équipe Grenoble 18e

Les scènes de l’enchantement : séminaire LIRE 2006-2007

Responsable : Martial Poirson

publié le , mis à jour le

Les scènes de l’enchantement : spectacle et merveilleux à l’Âge classique (XVIIe– XVIIIe siècles)

Université Stendhal-Grenoble III année 2006-2007

Départements Lettres modernes et Arts du spectacle

2e année de Master


« C’est toujours cela que j’ai voulu donner sur scène : faire voir la force violente des idées, comment elles ploient et tourmentent les corps ».
Antoine Vitez, Le Théâtre des idées, Paris, Gallimard, 1991.

« Une question qui demeure réservée pour la conclusion : comment est-il possible qu’une attitude au moins en apparence aussi inactuelle que celle de l’allégorisation ait dans l’œuvre poétique du siècle une place de tout premier plan ».

Walter Benjamin, Œuvres, Paris, Gallimard, 2000.


Ce séminaire s’adresse à tous les étudiants désireux de s’interroger sur la production théâtrale à l’Âge classique et sur les questions tant esthétiques qu’idéologiques qu’elle ne manque pas de soulever, avec une mention toute particulière pour les amateurs de textes rares ou insolites du répertoire. Dans la continuité des perspectives ouvertes au sein de l’UMR LIRE à propos du conte merveilleux, nous souhaiterions cette année mener l’enquête sur le terrain, encore peu fréquenté en la matière, du spectacle vivant, en interrogeant un corpus dramatique et lyrique dense et souvent décalé allant de la comédie-ballet et de la comédie à machine à l’opéra et à l’opéra-comique, en passant par la très injustement oubliée comédie allégorique (comédie satirique à sujet mythologique, comédie épisodique, comédie-revue…). Il s’agira donc de mettre en examen textes et représentations proposés non seulement à la Comédie-Française et à l’Académie royale de musique, mais encore à la Comédie-Italienne, à l’Opéra-Comique, sur les théâtres de la Foire et des boulevards, sur les théâtres de société, afin de rendre compte de genres hybrides (échappant, dans une large mesure, aux règles de la dramaturgie classique dont elles jouent et se jouent) et d’arts mêlés (mariant de façon tantôt harmonieuse, tantôt burlesque déclamation, chant, danse, musique, effets spéciaux…).

Il semble bien que le goût persistant du merveilleux, au XVIIIe siècle, aille de pair avec celui du spectaculaire, voire, pour utiliser un terme anachronique, du « grand spectacle », de même que, réciproquement, sa condamnation s’accompagne souvent d’une critique en règle des séductions du théâtre et de la tentation du spectaculaire. En outre, la relation entre merveilleux et théâtre révèle un certain nombre d’enjeux tant esthétiques et idéologiques que philosophiques, métaphysiques, sociaux, économiques ou encore, scientifiques forts de l’Âge classique. Car, dans un paradoxe qui n’est qu’apparent, il semble bien que ce type de théâtre d’abstraction hautement symbolique et particulièrement codifié soit en prise directe avec l’actualité de son temps, évoluant au gré des commandes mécénales (pièces de circonstance) et composant, parfois avec une rapidité stupéfiante, des fictions à clef au gré des événements marquants de l’actualité (pièces d’actualité). En outre, la poétique commune de ces formes variées semble consister à jouer du hiatus entre les croyances véhiculées par la conscience collective et leur mise en fiction, au point qu’il est permis de risquer l’hypothèse d’un effet d’hystérèse, dramaturgiquement exploité, entre les représentations théâtrales et les imaginaires sociaux qu’elles véhiculent et reprennent à leur compte.

Théâtre de la déconstruction métatextuelle de l’illusion, du démontage systématique de toute forme de mystification et de croyance, les pièces de ce type de corpus, qu’on peut également qualifier, non plus de « métafictions » mais en quelque sorte d’« infrafictions », dans la mesure où, après l’avoir patiemment déconstruite, ou plus exactement, de façon simultanée, elles remotivent l’illusion consentie et la croyance volontaire du spectateur, procèdent donc dans le même temps à un curieux et très anachronique réenchantement du monde, par une sorte de retour du refoulé qui passe par la réappropriation du pouvoir fantasmatique, imaginaire et symbolique des croyances et superstitions tant savantes que populaires.

Écriture de la discontinuité, de la fragmentation, la dramaturgie du merveilleux, qu’on peut tout aussi bien qualifier, selon le terme d’Antoine Vitez, de « théâtre des idées », s’apparente en outre à une forme de critique dramatique en action (prenant position dans les débats théoriques et polémiques du milieu théâtral), mais aussi de pensée en acte (s’engagent sur la scène publique en posant les termes des débats politiques et épistémologiques pris au sens large), a longtemps été occultée, en dépit de l’importance de sa production, par la dramaturgie classique, voire par le naturalisme rationaliste des théâtres institutionnels, des genres nobles et des théoriciens du théâtre (querelle du « merveilleux vraisemblable »). Et pourtant, une telle conjuration n’a pas empêché ce type de théâtre très codifié de faire les délices d’un public toujours plus nombreux, mais aussi toujours plus divers. À la fin du XVIIIe siècle, cependant, ce courant est relayé, voire supplanté par les fantasmagories encore plus immatérielles et proprement illusoires de la lanterne magique, avec lesquelles elles sont loin d’être sans rapport.

Ce parcours à travers les textes du dernier tiers du XVIIe siècle et de la plus grande partie du XVIIIe siècle d’auteurs tels que Molière, Thomas Corneille, Donneau de Visé, Dufresny, Pannard, Marivaux, Piron, Boissy, Fuzelier, Allainval, Legrand, Sedaine ou encore, Mercier, permettra, en croisant les interprétations, de mener trois types de réflexions structurantes pour l’analyse :

La fabrique du merveilleux : la mise en scène de fantasmagories présente d’emblée des difficultés techniques et pratiques qu’il importe de situer au sein des conditions matérielles de production de l’illusion théâtrale de l’époque, et en particulier des progrès techniques des arts de la scène (machinerie, artifices divers, illusions d’optique, hydraulique et pyrotechnie, dressage d’animaux vivants…). Le théâtre du merveilleux a ainsi partie liée à l’invention de la pratique de la mise en scène, sinon de sa conscience, et constitue donc un jalon essentiel dans l’histoire des arts du spectacle.

La dramatisation du merveilleux : la mise en fiction de mondes et d’êtres merveilleux relève d’un travail de dramaturgie qui puise dans le patrimoine gnostique (merveilleux mythologique et chrétien), littéraire (travestissement burlesque, parodie, pastiche des genres nobles, transposition des formes non dramatiques telles que contes, fables et proverbes) et imaginaire (personnages épisodiques et allégoriques, êtres surnaturels et élémentaires, fées, magiciens, sorciers, génies). Repoussant les limites du pacte de fiction, interrogeant les régimes de la théâtralité, mais aussi de la croyance socialement construite et historiquement datée, ces formes hybrides revendiquent un droit à l’imagination hors des cadres formels habituels et posent les bases d’une réflexion métathéâtrale.

La réception du merveilleux : théâtre d’illusion par excellence, la dramaturgie du merveilleux vise à produire auprès des publics visés un effet esthétique bien particulier reposant sur une dialectique de l’enchantement-désenchanté, c’est-à-dire du jeu sur les conventions de l’illusion consentie propre à la situation théâtrale susceptible de mettre en évidence les pouvoirs de la littérature.

Ce travail collectif est destiné à entrer en écho avec le numéro spécial de la revue Féeries consacré, cette année, au merveilleux dans le théâtre, mais aussi à trouver un relais dans le projet d’édition collective d’un ensemble de comédies allégoriques auquel les participants au séminaire sont vivement conviés à contribuer.

Il s’articule en outre avec la programmation de la saison théâtrale, et en particulier du partenariat monté avec la MC2, qui cette année met conte et merveilleux à l’honneur, donnant lieu à des débats et rencontres avec les équipes artistiques et techniques autour de certains spectacles. Un cycle de conférences et tables rondes animé en collaboration avec Jean-Yves Vialleton et intitulé « Le théâtre, entre mythe et merveilles » portera ainsi sur les spectacles suivants :

  • El Don Juan, de Tirso de Molina, mise en scène de Omar Porras ;
  • Le Petit Chaperon rouge, de Joël Pommerat, par la compagnie Louis Brouillard ;
  • Le Projet Andersen, conçu et mis en scène par Robert Lepage ;
  • Les Aventures d’Alice au pays des merveilles, d’après Lewis Caroll, mise en scène de Laurent Pelly
  • La Voix humaine et Le Château de Barbe-Bleue, par l’orchestre de l’Opéra national de Lyon.

Un dossier de textes dramatiques souvent difficiles d’accès, mais aussi d’articles et d’extraits d’ouvrages critiques, ainsi qu’une bibliographie détaillée seront mis à la disposition des étudiants au début du séminaire.

Informations pratiques :

Horaire : mercredi 15 h 30 – 17 h 30 semestres 1 et 2

Salle : A 105

Travail attendu des étudiants :

Lecture attentive et créative des textes avant la séance.

Synthèse et restitution de cours à chaque début de séance.

Exposé oral, individuel ou en groupe, portant sur la synthèse des recherches (20 minutes) : 50% de la note finale.

Travail écrit de recherche de fin de semestre sur un des textes proposés (au moins 10 pages) : 50% de la note finale.

Contacts avec l’enseignant :

Permanence : jeudi 12 h 30-13 h 30 Bureau : B 330
Courriel :@Poirson

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PLANNING PRÉVISIONNEL DU SÉMINAIRE

PARTIE I : Aux origines d’un théâtre du merveilleux

Comédie et tragédie à machine, comédie-ballet, divertissement de Cour… la liste serait longue de ces formes hybrides aux dynamiques complexes qui posent, dès le XVIIe siècle, les bases, non seulement du poétique et d’une esthétique du merveilleux, mais encore d’une pratique de l’émerveillement à travers des spectacles d’un faste (système des spectacles, économie ostentatoire du pouvoir) et d’une maîtrise technique (innovation technique, essor de la machinerie) dont on a peine aujourd’hui à se faire une idée. Exploitant le fonds commun des sciences et des croyances les plus diverses, ce théâtre joue sur les ressorts de l’imaginaire social et culturel, tout en se jouant des structures mêmes de la société du spectacle et du rapport ambigu entre pouvoir et spectacle.


Séance 1 : 04/10/2006 : Qu’est-ce que le théâtre à l’Âge classique ?

Cette première séance permettra de présenter le corpus, les méthodes d’interprétations et les approches proposées, ainsi que de rôder la problématique du séminaire, qui s’inscrit dans la continuité des travaux de l’UMR LIRE sur le merveilleux. Une attention toute particulière sera prêtée aux conditions socio-historiques de production et de réception du spectacle vivant à l’Âge classique, qui ne contribuent pas peu à fonder un certain type de régime d’illusion. Un parcours dans les textes théoriques et les dictionnaires d’époque permettra en outre de stabiliser les notions et concepts essentiels à l’appréhension de l’articulation entre théâtre et merveilles.

Sera également mise en place l’organisation d’ensemble du séminaire et du cycle de conférences en partenariat avec la MC 2 qui l’accompagne.

Séance 2 : 11/10/2006 : Digression sur le théâtre classique : la comédie-ballet
Corpus d’étude : Extraits de textes de Molière.
Support visuel : Mise en scène de Jean-Marie Villégier et Jonathan Duverger, Comédie-Française, 2005.
Invité : Jean-Yves Vialleton, université Stendhal-Grenoble III, proposera un parcours à travers la poétique du XVIIe siècle.

Il est indéniable que le merveilleux dramatique tel qu’il se développe au XVIIe siècle puise ses racines dans le goût prononcé du théâtre classique pour la « féerie », qui doit beaucoup aux spectacles de Cour et aux mises en scène du pouvoir sur lesquelles ils reposent. On ne peut donc manquer d’interroger, à travers les formes du divertissement, de la comédie-ballet ou encore, des comédies et tragédies à machine, qui réinvestissent très largement les ressources du merveilleux mythologique et chrétien, mais aussi des sciences occultes et des croyances archaïques, les conditions sociopolitiques et pratiques de production du merveilleux, qui passent par l’établissement d’un rapport dialectique du vrai et du faux et par la confrontation entre différents régimes d’illusions.

Séance 3 : 12/10/2006 (17 h 30) : Les représentations du merveilleux : digression sur le « baroque contemporain »
Rencontre avec Omar Porras et son équipe artistique autour de El Don Juan.
Début du cycle de rencontres « Le théâtre, entre mythes et merveilles » (en partenariat avec la MC2).
Rendez-vous : MC2.

C’est un double écart que nous proposons ici, à la fois en passant du texte à la représentation, et de l’Âge classique à la création contemporaine, afin de s’interroger sur le rapport du théâtre au mythe et aux merveilles et plus particulièrement, sur la pertinence de la catégorie esthétique du « baroque contemporain », à la lumière du théâtre d’Amérique latine. Réinvestissant le mythe européen par excellence de Don Juan dans l’esthétique burlesque d’un théâtre masqué qui place la performance physique au service d’une échappée dans l’imaginaire, ce théâtre interroge avec force les structures et les effets du merveilleux scénique. Une attention toute particulière sera accordée à l’esthétique du montage et du recyclage des mythèmes qui est au fondement d’une partie de la poétique de ce spectacle d’Omar Porras et de son Teatro Malandro, dans la continuité des adaptations précédentes de Faust et Don Quichotte.

Séance 4 : 25/10/2006 : Retour sur le théâtre classique : théâtre et machines
Corpus d’étude : Donneau de Visé et Thomas Corneille, La Devineresse ou Les Faux enchantements ; La Pierre philosophale.

La séance portera sur les différents paradigmes de fiction proposés par ces deux textes, en bien des points comparables, qui exploitent les ressources de l’actualité politique et de l’imaginaire des sciences occultes pour offrir au lecteur-spectateur des comédies de la déconstruction métathéâtrale de l’illusion, du démontage systématique de toute forme de mystification et de croyance, procédant dans le même temps à un curieux réenchantement du monde, par une sorte de retour du refoulé qui passe par la réappropriation du pouvoir fantasmatique, imaginaire et symbolique de la question alchimique.

Ce corpus est un point de cristallisation, non seulement dans l’histoire des formes du théâtre du merveilleux, autrement dit du théâtre machinique à effets, par son caractère hybride, mais encore dans l’histoire des mentalités et en particulier, du rapport au merveilleux, par son caractère syncrétique. Il apparaît en outre, en vertu des stratégies argumentatives complexes qu’il mobilise, parfaitement situables dans l’œuvre des deux dramaturges, pouvoir apporter une contribution non négligeable à la question des implications politiques du merveilleux théâtral.

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PARTIE II : La comédie allégorique, un théâtre des idées


S’il est une forme d’expression dramatique particulièrement significative des « genres mineurs », ou plutôt des « mauvais genres » en vogue entre la fin du XVIIe siècle et la première moitié du XVIIIe siècle, c’est bien la comédie allégorique, fondée sur le travestissement burlesque du merveilleux mythologique et chrétien, la parodie des formes dramatiques et lyriques consacrées et la satire de l’actualité sociale et politique du temps. Ce véritable « théâtre des idées », selon l’expression d’Antoine Vitez [1] , à rebours de tout théâtre à thèse [2] , est presqu’entièrement symbolique, sans jamais perdre de son efficacité dramaturgique ni de ses logiques propres de jeu : il met en crise aussi bien les discours de savoir que les règles et formes canonisées de la dramaturgie classique, voire du théâtre de façon générale [3], ce qui en fait une écriture au second degré de tout premier plan, propice au métathéâtre à vocation autoréflexive.

Séance 5 : 15/11/2006 : La comédie allégorique, un théâtre en situation
Corpus d’étude : Boissy, Le Triomphe de l’intérêt ; Piron, Le Crédit est mort ; D’Orneval, Arlequin traitant ; Lesage, Le Diable d’argent.

Assumant l’anachronisme, c’est une définition sartrienne du théâtre merveilleux que nous essaierons de postuler, afin de rendre compte de l’intense et très largement oubliée production du théâtre allégorique qui envahit les scènes de la Foire et des Italiens, mais aussi de la Comédie-Française de la première moitié du XVIIIe siècle. Bien loin de tout placage ou de toute illusion rétrospective, nous mettrons en évidence la profonde modernité de ce théâtre tout à rebours des règles de la dramaturgie classique, susceptible de faire entrer les catégories esthétiques et politiques dans l’ère du soupçon tout en restant au plus près de la société prise sur le vif.

Séance 6 : 22/11/2006 : La comédie allégorique, un théâtre des idées
Invité : Conférence de Romain Jobez, université de Poitiers, sur les débats théoriques autour du théâtre allégorique depuis Walter Benjamin.
Corpus d’étude : Marivaux et Pannard, deux versions du Fossé du scrupule.

Il existe entre le théâtre allégorique et, d’une part, les realia, d’autre part, les discours de savoir une relation très privilégiée. En effet, ce type de théâtre propose moins l’évocation de mondes possibles, comme dans les formes allégoriques romanesques ou discursives, que le réexamen critique du monde réel, considéré à travers un dispositif non pas de miroir, mais de prisme déformant. Les pièces allégoriques se font donc l’écho, non pas seulement d’événements précis, historiquement datés et identifiables par le public, mais d’un état de la conscience collective et des débats idéologiques, qui sont dramatisés et mis en examen au moyen de leur structure délibérative et d’un solide système sémiologique à entrées multiples permettant de signifier différentes lectures à clefs.

Séance 7 : 29/11/2006 : La comédie allégorique, un théâtre autoréférentiel
Corpus d’étude : Riccoboni et Romagnési, L’Écho du public ; Legrand, La Nouveauté.

Aux marges de la dramaturgie classique, dont elles jouent et se jouent, lancées de plain-pied dans la bataille économique des théâtres, les comédies allégoriques ne cessent de mettre en question le théâtre d’illusions et de révoquer en doute toute illusion consentie de la part du public, en renégociant sans cesse le pacte de fiction avec le spectateur.
C’est ce qui en fait, par excellence, un théâtre fondé sur les catégories esthétiques modernes de « métathéâtralité » et d’« autoréférentialité », irréductible au simple jeu mimétique de la parodie et du travestissement burlesque sur lequel il s’appuie.

Séance 8 : 13/12/2006 : Synthèse sur la comédie allégorique
Corpus d’étude : Allainval, L’Embarras des richesses ; Legrand, Le Roi de Cocagne.

Parfaitement inscrites dans l’esthétique et dans les grands courants idéologies de la période, ces comédies s’avèrent, pour notre regard critique rétrospectif, d’une profonde modernité, encore trop rarement signalée par l’histoire littéraire, en vertu de l’amnésie volontaire dont elles ont fait l’objet : ces pièces relèvent en effet d’une écriture de la discontinuité, de la fragmentation, du mélange des genres et des modes d’expression fondée sur un dense réseau d’échos parodiques qui en font des œuvres hybrides (échappant, dans une large mesure, aux règles canoniques) caractéristiques des « arts mêlés » (mariant de façon tantôt harmonieuse, tantôt burlesque, déclamation, chant, danse, musique, effets spéciaux) et bien souvent, d’un certain type de théâtre en musique.

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PARTIE III : Transpositions d’art, formes hybrides et arts mêlés


Dans cette troisième phase de la réflexion, on mènera l’enquête, non plus tant sur des corpus homogènes et des poétiques constituées que sur des processus d’écriture et de représentation, cherchant à débusquer le merveilleux dramatique et ses procédés dans des productions plus diffuses et à analyser, en particulier, les processus de transposition d’art et de réécriture du conte par l’écriture théâtrale, solidaire d’une évolution majeure dans les techniques de jeu et d’illusion.

Séance 9 : 20/12/2006 : L’opéra-comique, un merveilleux « à la française  » ?
Corpus d’étude : Sedaine, Le Diable à quatre (1756) ; Grétry et Marmontel, Zémire et Azor (1771) [adaptation de La Belle et la Bête].

Poursuivant l’enquête à travers les formes hybrides et les genres en vogue, c’est un nouvel oublié du répertoire que nous convoquerons ici : l’opéra-comique, qui n’a pas peu contribué à l’invention du « quatrième mur » et partant, à la redéfinition du statut de l’illusion au théâtre, du jeu avec la vraisemblance, à travers une dramaturgie merveilleuse qui s’appuie sur la riche matière des contes, des contrées exotiques, ou encore, des univers romanesques de pastorale… Ces « tableaux », ces fictions charmantes destinées à émerveiller le spectateur à grand renfort de magie, apportent une contribution essentielle non seulement à l’essor des arts de la scène, mais encore à la redéfinition de la sensibilité du public et de sa culture somatique.

Une attention toute particulière sera apportée à la façon dont le conte dramatique réinvestit le conte merveilleux, faisant passer d’une féerie à une autre. Nous n’excluons pas, si le temps le permet, de procéder à une extension du corpus d’étude, en envisageant notamment des pièces comme Les Fées ou Les Contes de la mère l’Oye de Dufresny, ou Le Petit Poucet, écrit par Carmontelle pour les théâtres de société.
Remise des devoirs de recherche et synthèse des exposés et explications de textes.

Séance 10 : 10/01/2007 : Aux marges du genre dramatique sérieux
Corpus d’étude  : Mercier, Docteur Sacrotin et Le Grand Œuvre.

Deux manuscrits inédits de Louis-Sébastin Mercier, souvent présenté comme un des pères du genre dramatique sérieux, comme l’un des précurseurs d’un théâtre réaliste, permettront de chercher à débusquer la présence du merveilleux là où on l’attend le moins, et de boucler la boucle herméneutique en s’interrogeant sur les rapports entre le traitement des sciences occultes par ces textes et par ceux de Molière, Thomas Corneille et Donneau de Visé envisagés en tout début de séminaire.

Séance 11 : 31/01/2007 : Conclusion générale sur le corpus des textes
Corpus d’étude : Voltaire, Sémiramis.
Invités : Christophe Cave, université Stendhal-Grenoble III, proposera un certain nombre de pistes de travail sur Voltaire ; Christelle Bahier-Porte, université de Saint-Étienne, présentera le numéro de Féeries consacré au théâtre merveilleux.

Sous bénéfice d’inventaire, on procédera à un réexamen synthétique des débats portant sur le merveilleux au théâtre, envisagé à travers le vaste corpus de textes mis à disposition des étudiants et analysé en cours. Plus généralement, on reviendra sur les conditions de production et de réception de l’illusion scénique, et sur la façon dont le théâtre et la mise ne scène contemporaine procèdent, avec leurs moyens propres, à la réévaluation critique de ces questions, en proposant de nouvelles postures et le cas échéant, impostures esthétiques.

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PARTIE IV : Les scènes du merveilleux


C’est à la mise en scène et à l’écriture contemporaine que nous avons décidé de donner le mot de la fin. Il s’agira donc de montrer dans quelle mesure dramaturgie et mise en scène contemporaines s’avèrent à même de déconstruire le conte merveilleux et de réinvestir les mythes européens fondateurs porteurs de significations nouvelles.

La programmation de la MC 2 met en effet cette année le mythe et le conte à l’honneur, proposant, à grand renfort de nouvelles technologies de la scène et de l’image, une vaste palette d’expérimentations dramatiques destinées à déconstruire le conte et à le décliner sous toutes ses facettes. On s’intéressera donc, dans le cadre de ce cycle de rencontres intitulé « Le théâtre entre mythe et merveilles », réalisé en partenariat avec la MC 2 et l’Espace 600, aux réécritures fantasmatiques du conte ; à la fragmentation et à la recombinaison des structures élémentaires du mythe ou « mythèmes » ; au réinvestissement des structures anthropologiques du merveilleux aussi bien mythologique que littéraire ; aux possibilités oniriques et féeriques offertes par les nouvelles technologies de la scène et de l’image en terme de déplacement du rapport au merveilleux et à la fantasmagorie, déclinant de nouveaux régimes d’illusion et modifiant en profondeur le rapport du spectateur à la fiction dramaturgique à caractère merveilleux.

En somme, il s’agira de mettre en évidence la façon dont la mise en scène et la dramaturgie contemporaines procèdent, avec les moyens qui leurs sont propres, à l’actualisation, à la construction et à la déconstruction tantôt rêveuse, tantôt provocatrice et subversive de la littérature merveilleuse. Autant dire qu’il ressort de ce jeu trouble et fasciné entre mythes et merveilles un sentiment d’étrangeté et de familiarité mêlées, preuve que le conte n’a pas fini de nous en conter et le théâtre, de nous en mettre plein la vue...

Séance 12 : 27/02/2007 : Les représentations du merveilleux I : réécrire le conte
Autour de La Voix humaine et le Château de Barbe Bleu, mise en scène de Laurent Pelly, Le Petit Chaperon rouge, mise en scène de Joël Pommerat, et de quelques autres…
Rendez-vous : Bibliothèque municipale de Grenoble.

Rencontre autour du Petit Chaperon rouge

Table ronde autour des spectacles du Petit Chaperon rouge de l’Espace 600 et de la MC2 (Maison de la culture de Grenoble)..

Séance 13 : 14/03/2007 : Les représentations du merveilleux III : actualiser les contes
Autour du Projet Anderson de Robert Lepage
Rendez-vous : MC 2.

Exhibant par un vibrant hommage à la théâtralité les ressorts du théâtre en train de se faire, à grand renfort de techniques audiovisuelles, l’artiste québécois Robert Lepage nous propose, par cette création éclectique, qui nous plonge avec fantaisie au cœur même des mondes de l’opéra, de revisiter l’univers merveilleux ambivalent du conteur danois.

Séance 14 : 18/04/2007 : Les représentations du merveilleux IV : réinvestir le merveilleux
Autour d’Alice au pays des merveilles, mise en scène Laurent Pelly.
Rendez-vous : MC 2.
La séance sera suivie d’un dîner de fin de séminaire.

Proposant une vision toute personnelle du texte de Lewis Carroll, découvert dans une nouvelle traduction affranchie de toute littérarité excessive, le metteur en scène Laurent Pelly nous invite une nouvelle fois à un voyage au pays des fantasmagories, dans un entrelacs de mots et d’images (ce qui, en l’occurrence, revient au même) où l’actrice, seule en scène, se voit attribuer pour seul partenaire le mirage de la création vidéo d’images virtuelles et de projections mentales.

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BIBLIOGRAPHIE


LITTÉRATURE PRIMAIRE


ALLAINVAL Léonor-Jean-Christine Soulas d’ [DALLAINVAL], L’Embarras des richesses [d’après LA FONTAINE], comédie en trois actes et en prose avec Prologue et Divertissements, Paris, N. Pissot, 1726, in-12° [ARS Rf. 7587] ; reprise dans le Nouveau Théâtre-Italien, Paris, 1728, volume V. Représentée au Théâtre-Italien le 9 juillet 1725.
Édition critique : Martial Poirson, Montpellier, Espace 34, 2006 (avec L’École des bourgeois).

BOISSY Louis de, Le Triomphe de l’intérêt, comédie en un acte et en vers, avec un Divertissement musical, La Haye, A. Van Dole, 1734, in-8°. Représentée au Théâtre-Italien le 8 novembre 1730.
Édition critique : Martial Poirson, Montpellier, Espace 34, 2006.

CORNEILLE Thomas et DONNEAU de VISE Jean, La Devineresse ou Les Faux Enchantements, comédie en cinq actes et en prose, Paris, Blageart, 1680 [Exemplaire sans nom d’auteur, avec un erratum indiquant 7 fautes à corriger, ARS. volume Rf 2760]. Représentée au théâtre de l’hôtel Guénégaud le 19 novembre 1679.
Édition critique : P. J. Yarrow, La Devineresse, Exeter, Exeter University Printing Unit, « Textes littéraires », 1971 ; Théâtre du XVIIe siècle, Paris, Gallimard, « Pléiade », 1992, volume III ;
[Polycopié]

CORNEILLE Thomas et DONNEAU de VISE Jean, La Pierre philosophale, « comédie mêlée de spectacles » en cinq actes mêlée de spectacles, Paris, C. Blageart, 1681, sous forme de canevas [BnF Réserve, Y 5824]. Représentée au théâtre de Guénégaud le 23 février 1681.
Édition critique : Martial Poirson et Gaël Le Chevalier, édition critique de La Pierre philosophale, Féeries n°3, 2006.
[Polycopié]

D’ORNEVAL Jacques-Philippe, Arlequin traitant, opéra-comique en trois actes et en vaudeville, avec des danses et des divertissements, 1716, publié dans LESAGE Alain-René et D’ORNEVAL Jacques-Philippe, Le Théâtre de la Foire et l’Opéra comique, contenant les meilleurs pièces qui ont été représentées aux foires de Saint-Germain et de Saint-Laurent, Paris, Ganeau, 1721-1737, volume IV. Représenté à la foire Saint-Germain le 22 mars 1716.
[Polycopié]

GRETRY André-Ernest et MARMONTEL Jean-François, Zémire et Azor, comédie-ballet en quatre actes et en vers, avec danse et musique, Paris, Pierre-Robert-Christophe Ballard, 1771. Représentée au château de Fontainebleau le 09 novembre 1771.
[Polycopié]

LEGRAND Marc-Antoine, La Nouveauté, comédie en un acte et en prose, Paris, Pépingué, 1727, in-12° [Manuscrit B.M.C.F. Ms 20014 et Ms 98]. Représentée au Jeu de paume de l’Étoile le 13 janvier 1727.
[Polycopié]

LEGRAND Marc-Antoine, Le Roi de Cocagne, comédie en trois actes et en vers, avec un Prologue et un Divertissement, musique de Quinault, Paris, Ribou, 1719. Représentée au Théâtre-Français le 31 décembre 1718.
[Polycopié]

LESAGE Alain-René et D’ORNEVAL Jacques-Philippe, Le Monde renversé, pièce en un acte et en prose et vaudeville [musique de GILLIERS], publiée dans Théâtre de la Foire ou l’Opéra comique, Paris, 1721-1737, in-12°, volume III [1721]. Représentée à la foire Saint Laurent le 2 avril 1718.
[Polycopié]

LESAGE Alain-René, FUZELIER Louis et D’ORNEVAL Jacques-Philippe, Le Diable d’argent [1724], comédie à allégories en un acte, Prologue en prose, publiée dans le Théâtre de la Foire ou l’Opéra comique, Paris, 1721-1737, in-12°, volume IV [Exemplaire endommagé disponible à la BnF. 8° Yth 5127, sans nom d’auteur]. Représentée à la foire Saint-Germain en février 1720.
[Polycopié]

MARIVAUX, Le Chemin de la fortune ou Le Saut du fossé, scènes en prose, parues dans Le Cabinet du philosophe, journal en onze feuilles, 1734, in-12°, troisième & quatrième feuilles. Non représentées.
Édition critique : Théâtre complet, Paris, Gallimard, « Pléiade », 1993.
[Polycopié]

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[1Antoine Vitez, Le Théâtre des idées, Paris, Gallimard, 1991 : « C’est toujours cela que j’ai voulu donner sur scène : faire voir la force violente des idées, comment elles ploient et tourmentent les corps ».

[2C’est ce qui le distingue nettement aussi bien de ses sources médiévales (sotties et mystères) que de ses lointains échos dans le théâtre contemporain (théâtre militant d’agitation et de propagande ; théâtre symboliste).

[3Ce qui a conduit Jacques Scherer à parler à leur propos d’« antithéâtre ».