Nos tutelles

CNRS

Nos partenaires

Rechercher




Accueil > Publications > Présentation des ouvrages > 2007

Le partage des savoirs XVIIIe-XIXe siècles

Sous la direction de Lise Andriès

publié le , mis à jour le

Présentation

L’objet de ce livre est d’étudier les étapes de la transmission des connaissances aux XVIIIe et XIXe siècles et d’observer dans quelle mesure elle s’est effectuée dans et par la littérature.

Le XVIIIe siècle s’est intéressé aux sciences, mais cet intérêt était souvent associé à des pratiques de sociabilité mondaine et aristocratique. Rendre la science « populaire », c’était être capable de la rendre aimable auprès des gens du monde. L’intérêt pour les sciences est évidemment aussi l’une des grandes caractéristiques de la pensée des Lumières. Or l’étude de la diffusion des savoirs permet de voir à quel point le grand rêve encyclopédique initié en 1751 par Diderot et d’Alembert, se prolonge tout au long du XIXe siècle. La Révolution ne marque pas un temps d’arrêt dans ce domaine. Bien qu’il existe pendant la Terreur une méfiance à l’égard du monde savant, la Révolution est surtout le moment où l’utopie d’une pédagogie des sciences destinée à tous, telle que l’avaient rêvée certains philosophes des Lumières, devient réalité. Les écrits de Condorcet consacrant la prééminence des sciences sur les belles-lettres, la fondation de l’École polytechnique et du Conservatoire des arts et métiers, la création de l’Institut en 1795, tout converge alors pour installer le savant au cœur de la cité et lui faire jouer un rôle social de premier plan. Bientôt se développent des journaux et des collections spécialisés dans la diffusion des sciences et des techniques pour le grand public. Le cercle de la transmission s’élargit considérablement : les amateurs éclairés du XVIIIe siècle cèdent la place à tous ceux, enfants, femmes et autodidactes issus des élites ouvrières, qui considèrent que l’émancipation sociale passe par le combat contre l’ignorance.

De cet élan, de la conviction que le progrès des sciences entraîne le progrès moral et conduit au bonheur de l’humanité, la littérature se fait largement l’écho. Au XVIIIe siècle, on en trouve les premiers signes chez des écrivains comme Sade, Révéroni Saint-Cyr et Louis-Sébastien Mercier. Mais c’est au XIXe siècle que la science entre vraiment dans les romans, d’abord par l’apparition de personnages de médecins, d’ingénieurs et de savants, puis par l’intrusion du discours savant dans le discours littéraire et, à l’inverse, du discours littéraire dans le discours savant. Nous avons donc analysé les modalités du discours permettant de relever les points de recoupement entre ces deux registres. Nous avons étudié les formes de la vulgarisation sur des exemples tirés des textes de presse, des correspondances privées et de la littérature enfantine. Et nous nous sommes attachés à quelques études de cas pour les domaines privilégiés de la vulgarisation scientifique : sciences naturelles, médecine et astronomie.

Liste des auteurs

  • Jean-Christophe ABRAMOVICI, maître de conférence en littérature française à l’université Nanterre Paris 10. Domaine de recherche : histoire des idées, littérature pornographique et Lumières. A publié Le Livre interdit, Paris, Payot, 1996, et édité Les Infortunes de la vertu (par le marquis de Sade), présentation, transcription et notes, Paris, Zulma-CNRS éditions, 1995.
  • Gilles ADAM, astronome au Centre de recherche astronomique de Lyon – Observatoire de Lyon. Spécialiste des radiogalaxies et de l’instrumentation. Participe à de nombreuses actions régionales de vulgarisation.
  • Lise ANDRIES, directeur de recherche au CNRS, membre du LIRE. Spécialité : la littérature populaire en France du XVIIe au XIXesiècle. A publié La Bibliothèque bleue au XVIIIe siècle, Oxford, Voltaire Foundation, 1989 et Le Grand Livre des secrets : le colportage en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Imago, 1994.
  • Marie-Laure AURENCHE, professeur agrégée à l’université Lyon 2, membre du LIRE. Spécialité : la presse illustrée populaire au XIXe siècle. A publié Édouard Charton et l’invention du Magasin pittoresque (1833-1870), Paris, Champion, 2002. Travaille à la publication de la correspondance générale de Charton.
  • Claire BAREL-MOISAN, pensionnaire à la fondation Thiers, membre du LIRE. Domaine de recherche : poétique balzacienne du roman et narratologie au XIXe siècle . Prépare une édition critique de La Comtesse de Rudolstadt dans les Œuvres complètes de George Sand, à paraître à Paris aux éditions Champion.
  • Gilles DENIS, maître de conférence en philosophie et histoire des sciences du vivant à l’université de Lille 1. Membre de l’UMR 8519 « Savoirs et textes », CNRS-Lille 1 - Lille 3. Thèmes de recherche : histoire et épistémologie de la physiopathologie végétale, histoire et épistémologie de l’agronomie et des sciences agricoles, histoire des voyages naturalistes aux XVIIIe et XIXe siècles.
  • Stéphanie DORD-CROUSLÉ, chargée de recherche au CNRS, membre du LIRE. Après sa thèse sur Flaubert (une étude génétique du chapitre V de Bouvard et Pécuchet), a édité L’Éducation sentimentale et Bouvard et Pécuchet, coll. « GF », Flammarion, ainsi que, chez Belin, Bouvard et Pécuchet, une « encyclopédie critique en farce », 2000.
  • Andreas GIPPER, maître de conférence en littérature française et italienne à la Ruhr-Universität de Bochum. Domaine de recherche : histoire des intellectuels en Europe ; la vulgarisation scientifique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Publications principales : Der Intellektuelle. Konzeption und Selbstverständnis schriftstellerischer Intelligenz in Frankreich und Italien 1918-1930, Stuttgart, Metzler-Poeschel, 1992. Wunderbare Wissenschaft. Literarische Strategien naturwissenschaftlicher Vulgarisierung in Frankreich von Cyrano de Bergerac bis zur Encyclopédie, München, Fink, 2002.
  • Florence LOTTERIE, maître de conférence en littérature française à l’université de Strasbourg. Travaille sur l’historiographie des Lumières, la littérature à l’époque révolutionnaire, Mme de Staël et le groupe de Coppet. A publié Littérature et sensibilité, Paris, Ellipse, 2000.
  • Anna M. MANDICH, maître de conférence en littérature française à l’université de Bologne. Domaine de recherche : les relations culturelles franco-italiennes au XVIIIe siècle : voyageurs français en Italie ; correspondances à caractère politique et culturel entre la Cour de Parme et la Cour de France. A publié Viajatori francesi in Emilia-Romagna nel Settecento (en collaboration avec C. Biondi), Bologna, 1986, et L’Archive et la Langue, Bologna, 2002.
  • Anne-Marie MERCIER-FAIVRE, professeur à I’IUFM de Lyon, co-responsable de l’équipe lyonnaise XVIIIe siècle du LIRE. Travaille sur l’œuvre de Court de Gébelin. A publié Un supplément à l’Encyclopédie.- Le Monde primitif d’Antoine Court de Gébelin, Paris, Champion, 1999.
  • Marie-Emmanuelle PLAGNOL-DIÉVAL, professeur à I’IUFM de Créteil. Domaine de recherche : littérature d’éducation et théâtres privés au XVIIIe siècle. A publié Madame de Genlis et le Théâtre d’éducation au XVIIIe siècle, Studies on Voltaire and the eighteenth century, Voltaire Foundation, Oxford, vol. 350, 1997.
  • Bärbel PLÖTNER, chargée de recherche au CNRS, membre du LIRE. Travaille sur l’histoire littéraire bretonne au XIXe siècle et sur les frères Grimm. Coéditeur de la Correspondance entre Jacob Grimm et Théodore Hersart de la Villemarqué, Kassel, 199 1. Prépare un ouvrage sur Émile Souvestre.
  • Philippe RÉGNIER, directeur de recherche au CNRS, directeur du LIRE. Spécialité : le saint-simonisme. A publié notamment Les Saint-Simoniens en Égypte, Le Caire, éd. BUE-Amin F. Abdelnour, 1989. Éditeur du Livre nouveau des saint-simoniens, Tusson, du Lérot, 1992, il a récemment dirigé un volume d’Études saint-simoniennes, coll. « Littérature et idéologies », Presses universitaires de Lyon, 2002.
  • Denis REYNAUD, professeur de littérature française à l’université Lumière Lyon 2, membre du LIRE. Spécialités : l’histoire naturelle, la presse, les jeux à l’époque des Lumières. Dernier livre paru : La Belle et la Bête : quatre métamorphoses, Presses universitaires de Saint-Étienne, 2002.

Table des matières

  • Lise ANDRIES : « Introduction » (p. 7)

I. Les modalités du discours

  • Andreas GIPPER : « Vulgarisation scientifique et physicothéologie. Le Spectacle de la nature de l’abbé Pluche » (p. 21)
  • Florence LOTTERIE : « Rendre la littérature populaire ? La plume pédagogique de Louis-Sébastien Mercier » (p. 35)
  • Gilles DENIS : « Les récits de naturalistes vers 1800 et la tentation de la littérature » (p. 57)
  • Claire BAREL-MOISAN : « Le langage des sciences : savoir et narration dans La Recherche de l’Absolu de Balzac » (p. 75)
  • Stéphanie DORD-CROUSLÉ : « Flaubert et les Manuels Roret ou le paradoxe de la vulgarisation. L’art des jardins dans Bouvard et Pécuchet » (p. 93)

II. Penser la vulgarisation

  • Denis REYNAUD : « Journalisme d’Ancien Régime et vulgarisation scientifique » (p. 121)
  • Anna M. MANDICH : « La diffusion des savoirs dans la correspondance de d’Argental » (p. 135)
  • Marie-Emmanuelle PLAGNOL-DIÉVAL : « Merveilleux ou rationnel : Les Veillées du château de Mme de Genlis » (p. 151)
  • Bärbel PLÖTNER : De l’abbé Grégoire à la Réunion de l’Ouest, deux approches républicaines de la vulgarisation des savoirs » (p. 163)

III. Médecine et astronomie

  • Jean-Christophe ABRAMOVICI : « De l’archipel au continent noir. Les représentations médicales de la femme dans la seconde moitié du XVIIIe siècle » (p. 183)
  • Philippe RÉGNIER : « Sciences naturelles et médecine dans La Sorcière de Michelet » (p. 203)
  • Anne-Marie MERCIER-FAIVRE : « L’astronomie à l’âge de l’histoire naturelle : la tentation de l’histoire et la nostalgie de la fable, de l’abbé Pluche à Court de Gébelin » (p. 225)
  • Marie-Laure AURENCHE : « La diffusion du savoir dans le Magasin pittoresque (1833-1872) : l’astronomie, une science pour tous » (p. 243)

Document

  • Gilles ADAM : « La valeur scientifique des articles d’astronomie publiés dans le Magasin pittoresque de 1833 à 1870 » (p. 269)
  • Bibliographie (p. 285)
  • Liste des auteurs (p. 291)
  • Crédit photographique (p. 293)