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Les polytechniciens

Par Philippe Régnier

C’est un fait notoire et, à proprement parler, un fait social historique d’une portée certaine que l’adhésion au saint-simonisme d’un nombre significatif de polytechniciens des promotions de la fin de la Restauration et des premières années de la monarchie de Juillet.

Les efforts déployés pour obtenir cette adhésion ont été à la hauteur de l’enjeu qu’elle représentait.

Auguste Comte est un cas particulier, dans la mesure où, tout en ayant reçu l’impulsion initiale de Saint-Simon, il afficha vite son intention de fonder sa propre école de pensée. Cela n’en rendrait pas moins utile une enquête sur les polytechniciens positivistes, proches parents, à plus d’un titre.

Nous nous en tiendrons cependant ici au saint-simonisme stricto sensu.

Une fois que l’on a mentionné Prosper Enfantin, le premier rallié, dont le charisme a été un facteur non négligeable, les noms les plus fréquemment convoqués pour attester du succès sont ceux de Michel Chevalier, de Henri Fournel, de Frédéric Le Play, de Paulin Talabot, ou bien encore de Jean Reynaud et de son frère Léonce, ainsi que de Charles Lambert bey.

Beaucoup d’autres sont évoqués, en nombre très variable selon les auteurs. Mais leur saint-simonisme, faute d’avoir été documenté, reste sujet à caution.

Il importe donc non seulement de savoir quelle fut au juste l’ampleur du phénomène, quantitativement et qualitativement, mais aussi de connaître les motivations des individus, de déterminer la durée de leurs convictions, d’apprécier l’influence qu’elles ont eue sur leur action.

Le dossier qu’on va lire sur ce sujet loin d’être épuisé est dû à Pierre Protat, ancien X lui-même et inspecteur général des Ponts et Chaussées.

Il constitue une contribution au Dictionnaire biographique des saint-simoniens en préparation au LIRE sous ma direction.

Pierre Protat s’est fondé sur les publications disponibles et sur des recherches archivistiques de première main. Il a bénéficié des conseils avisés de Michel Demarcq.

Son travail de dénombrement et d’identification est à ce jour la recherche la plus avancée qu’on puisse trouver.

Un relevé de citations de la Correspondance du Globe permet en outre de saisir sur le vif l’état d’esprit de ces polytechniciens du premier XIXe siècle, profondément préoccupés par le sort des ouvriers dans la société industrielle, troublés par la question de l’émancipation de la femme, et en proie à un besoin de religion qui donne à réfléchir. Ces citations sont extraites d’une édition critique préparée par Patricia Ide de la correspondance des polytechniciens au Globe en 1831 et 1832 – édition à paraître dans le cadre de l’édition critique générale des Textes et documents du saint-simonisme.

Nous publions ici les deux premières des trois listes établies par Pierre Protat, les plus sûres : d’abord la liste de « ceux dont l’engagement a été manifeste pendant une période plus ou moins longue et qui ont participé activement à l’une au moins des différentes phases de la vie du mouvement » ; puis la liste de « tous ceux dont [il] a pu situer l’attitude vis à vis du saint-simonisme de façon suffisamment précise ». Une troisième liste de P. Protat, que nous publierons ultérieurement, « regroupe les noms d’adeptes et de sympathisants qui se donnent ou sont donnés comme anciens élèves de l’École, mais qu[‘il] n’a pu situer dans le Répertoire général, même en supposant une erreur orthographique ». Les trois listes s’élevant respectivement à 30, 98 et 33 noms, l’enquête tourne autour de 161 noms. Antoine Picon, de son côté, fait état de « quelque 130 anciens élèves de l’École polytechnique touchés par la doctrine », pour une communauté qu’il évalue à environ 3500 autour de 1830 (Les saint-simoniens, p. 104). Cet ordre de grandeur ne devrait pas beaucoup varier.

Liste des polytechniciens présentés dans ce dossier

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Noms de la liste A

Noms de la liste B

Bibliographie

École polytechnique. Livre du centenaire, 1794-1894, Paris : Gauthier-Villars et fils, 1895-1897, 3 vol. gr. in-8°.

Callot, Jean-Pierre [pseud. Jean-Pierre Alem], « Les polytechniciens et l’aventure saint-simonienne », dans La Jaune et la Rouge, septembre 1964 (article disponible en ligne — par ex. à partir de l’article « Saint-Simonisme » de Wikipédia).

Picon, Antoine, « Industrie et régénération sociale. Les Polytechniciens saint-simoniens » (article disponible en ligne — par ex. à partir de l’article « Saint-Simonisme » de Wikipédia).

Picon, Antoine, Les saint-simoniens. Raison, imaginaire et utopie, Belin, 2002, p. 102-112.

Pinet, Georges, « L’École polytechnique et les Saint-Simoniens », Revue de Paris, 15 mai 1894, p. 73-96.

Historique du corps des Mines sur le site des Annales des Mines

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