Les saint-simoniens Arlès-Dufour É. Barrault S. A. Bazard É. Charton M. Chevalier G. d'Eichthal P. Enfantin H. Fournel É. et I. Pereire O. Rodrigues H. de Saint-Simon É. Souvestre I. Urbain Les polytechniciens Les médecins

Henri Fournel

par Lionel Latty

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Introduction


L’entrée en saint-simonisme de Fournel1, due à Margerin2, date du début de l’année18283, lors de sa première rencontre avec Enfantin. Selon ses propres termes, il a franchi symboliquement une « Porte ». Il accède à une nouvelle connaissance. En février 1832, lors de sa déposition devant le juge chargé d’instruire le premier procès, celui du 27 août 1832, Fournel explique son engagement : « J’ai adopté la doctrine saint-simonienne vers 1828, persuadé que c’est le seul moyen d’améliorer l’état social actuel4 ». La finalité est de réformer la société. Elle n’est pas de conduire à une révolution.

La présentation qu’on va lire du rôle de Fournel met hors de son champ d’analyse les problématiques ordinairement contenues dans la qualification de « saint-simonien », ainsi que la discussion des continuités et des divergences entre les œuvres de Saint-Simon et celles des saint-simoniens. Elle retient l’idée qu’il convient de prendre en considération l’existence de plusieurs saint-simonismes, comme, à titre d’exemples, ceux d’Eugénie Niboyet, Jeanne Deroin, Désirée Véret-Gay, Enfantin, Bazard, Carnot, Rodrigues, de Buchez, Eichthal, Isaac Pereire, Fournel, Michel Chevalier, Lambert, Barrault. Se référer indistinctement aux saint-simoniens peut suggérer l’unité. Au contraire, les affrontements, les évolutions et les schismes montrent que la diversité et la pluralité l’emportent sur la convergence.

Il est utile, pour comprendre la variété des engagements initiaux et des parcours ultérieurs, de situer les hommes et femmes de la nébuleuse saint-simonienne par rapport à la nature de leurs engagements différenciés.

Sur la base de septcritères pertinents pour situer tout engagement dans le saint-simonisme, le rôle et la contribution de Fournel conduisent à affirmer qu’il fait partie du noyau central du saint-simonisme.

Ces septcritères correspondentaux entreprises, moments ou responsabilités suivants : 1° Le Producteur, 2° la Doctrine de Saint-Simon, Exposition 1ère année 1829, 3° la participation active à un des groupes d’action sociale ou missionnaire ainsi qu’au Collège (l’instance de direction de la Famille), 4° Le Globe, 5° la retraite de Ménilmontant, 6° l’expédition en Égypte,  7° les fidélités ultimes, notamment la société de Secours Mutuel.

 

Fournel occupe de surcroît une place spécifiquepar le rôle déterminant joué à quatre occasions : en étant trésorier lors de la faillite financière consécutive à l’arrêt du Globe, en assurant la défense d’Enfantin5 lors du procès du 19 octobre 1832 en escroquerie, et en le gagnant6, en publiant une Bibliographie saint-simonienne de 1802 au 31 décembre 18327, et en représentant Enfantin auprès de Méhémet Ali, en décembre 1833, au début de la mission en Égypte.

Ses oppositions à Enfantin accentuent encore le caractère spécifique de son saint-simonisme. Il s’oppose au « Père », dans une attitude d’exigence, à trois occasions : en octobre 1831, lorsqu’il se range momentanément aux côtés de Bazard ; en février 1834, lorsqu’il quitte l’Égypte, et s’affranchit de l’utopie ; en 1836, lorsqu’il se heurte à Chabannier. Cet homme d’affaires dévoué à la famille Enfantin8 bénéficie d’une procuration spécifique et dissimulée9, utilisée pour qu’Augustine, cousine de Prosper Enfantin, soit, au décès de Barthélemy Enfantin (le propre père d’Enfantin), la légataire du capital d’environ 30.000 F ayant permis de verser à ce dernier de son vivant une rente de 1.500 F par an10. Ce capital aurait dû revenir à la société en commandite créée pour garantir les engagements pris par la Famille. Cette affaire trouble des fidèles comme Isaac Pereire11.

Ce troisième désaccord laissera plus de traces encore. La confiance au « Père » est atteinte. Il amplifie jusqu’en 1845 l’interruption des relations entre Enfantin et Fournel. Pendant ces années, Fournel se consacre à ses obligations professionnelles d’ingénieur-conseil indépendant, puis à partir de mars 1843, revenu dans son corps d’origine, à la direction du Service des Mines en Algérie. Là, Fournel reste à la périphérie du réseau d’affaires et d’influences algériennes d’Enfantin et de son journal L’Algérie. Il est seulement un ancien saint-simonien en Algérie, prenant beaucoup de liberté avec la pensée de Saint-Simon, et avec ses articles dans Le Globe. Il accepte la violence et l’arbitraire12. Il est arabophobe : «  La nation arabe a cumulé, avec son ignorance, cette horreur ou ce dédain du travail… »13. Pour lui, l’Algérie est une conquête, faite et à faire au nom du progrès. Il faut coloniser pour et par le progrès.

 

L’épouse de Fournel, Cécile, elle aussi, est en 1831 une militante engagée, désignée en mars 1831 par Enfantin pour prendre place au Collège en même temps que Talabot et Dugied14, avant son mari. Mais, « dame à chapeaux15 » par son origine sociale, elle est contestée en tant que directrice de l’Enseignement des Femmes par Désirée Véret, Jeanne Deroin, Reine Guindorf, qui se nomment les « prolétaires saint-simoniennes 16», ainsi que par Claire Démar. Cécile prend parti pour Bazard en novembre 1831. Ses critiques et réserves à l’égard d’Enfantin disparaissent à l’occasion du procès de celui-ci le 27 août 1832. Elle y prend la parole et crée un incident qui conduit l’avocat général à la menacer d’être mise à la porte17. Elle écrit le soir même au président du tribunal18 pour repousser la critique d’immoralité qu’elle avait elle-même formulée à l’encontre d’Enfantin l’année précédente, lorsqu’elle soutenait Bazard. Six mois plus tard, elle fonde avec Marie Talon le Livre des Actes19, une « œuvre de femmes, ni inspirée, ni ordonnée » par Enfantin20. C’est un signe d’émancipation intellectuelle sans ingérence masculine, un acte fondateur d’une liberté pour « proclamer des actes de femmes21 ». Elle est une confidente d’Enfantin22.

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Fournel ne participe pas au Producteur


Ce projet – premier critère — constitue le premier moment du saint-simonisme.

Il est  ébauché par Saint-Simon et concrétisé presque au lendemain de sa mort, le 19 mai 1825, par la création, le 1er juin 1825, de la société en nom collectif « Enfantin, Rodrigues et Cie » au capital de 50 actions de 1.000 F, dont seulement 29 sont libérées.

Se constitue ainsi le cercle introductif du saint-simonisme, avec ses actionnaires majoritaires Jacques Laffitte (10 actions) et le banquier Ardoin (5 actions), et les autres associés, le docteur Bailly, Cerclet, Duvergier, Léon Halévy, René Holstein, le banquier Odier, Rouen, l’industriel Ternaux. Les rédacteurs participent à ce cercle. Durant les six premiers mois de parution, d’octobre 1825 à mars 1826, se dessinent déjà plusieurs courants. Jacques Laffitte avec  son projet de « Société commanditaire de l’industrie », associant Casimir Perier et Ternaux, retient une orientation réformatrice libérale. Par contre, Bazard et Enfantin tendent à des mutations sociales structurelles aux plans économique, social et moral, se montrant plus proches en cela des écrits publiés en 1821 par Saint-Simon en 1821, comme la proclamation « Le Roi à la Nation »23.

Fournel considère dans sa Bibliographie saint-simonienne, publiée en 1833, que cette date du 1er juin 1825, concernant Enfantin, « donne de manière bien nette l’époque de la conversion de celui qui est aujourd’hui le Chef Suprême de la foi nouvelle ».

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La Doctrine de Saint-Simon, Exposition 1ère année 1829 24


 Il s’agit d’un intense travail de réflexion collégiale. « Lorsque des hommes se sont associés pour travailler en commun, qu’ils reçoivent en même temps qu’ils donnent, qu’ils échangent et modifient leurs idées, les complètent, parviennent à les fixer ; puis ensuite que l’un d’eux expose au nom de tous le résultat de cette élaboration, où est l’auteur, c’est tous et personne 25 ».

 Cette méthode est révélatrice de l’intention consensuelle, de la recherche d’unité, du rêve d’absolu et de logique, de la transcendance des travaux entrepris. Elle se développe en trois temps. Initialement, la « forme d’Exposition a été imprimée par Bazard qui constamment portait la parole », exception faite « des cinquième et quinzième séances qui furent faites par Olinde Rodrigues26 ». Mais la rédaction – deuxième temps — est faite, selon Fournel, principalement par Carnot et Duveyrier. Enfin, la forme finale « est retouchée en entier » par Enfantin27.

Fournel rédige la première et la seconde séance28. La première, du 17 décembre 1828, intitulée «  De la nécessité d’une doctrine nouvelle », situe l’ambition réconciliatrice de cette doctrine : ni « la double organisation religieuse et politique du moyen âge », ni celle des « partisans des idées nouvelles […] qui ont coopéré ou applaudi au renversement de l’ancien édifice ». « Nous venons apporter la paix, y lit-on, en annonçant une doctrine […] qui prêche l’horreur de la lutte. Antagonisme entre un pouvoir spirituel et un pouvoir temporel, opposition en l’honneur de la liberté, concurrence pour le plus grand bien de tous, nous ne croyons à la nécessité éternelle d’aucune de ces machines de guerre29 ». Un univers réconcilié et reconstruit semble proche.

La deuxième séance, du 31 décembre 1828, intitulée « Loi du développement de l’humanité – Vérification de cette loi par l’histoire », commence par placer la doctrine tout entière sous l’invocation de Saint-Simon, « le chef de notre école » : « Notre mission à nous qui sommes ses disciples est de continuer sa révélation, de développer ses hautes conceptions, et de les propager 30». La juxtaposition de ces trois verbes suggère qu’il s’agit de donner de l’ampleur aux conceptions de Saint-Simon, de les étendre, plutôt que de les exposer dans le détail. Ici prend racine, nous semble-t-il, la « fraude pieuse »31. Celle-ci va justifier de nombreuses divergences conceptuelles qui conduiront, selon leur ampleur, à des ruptures entre continuateurs de la pensée de Saint-Simon. L’œuvre novatrice initiale, ouverte à l’idée de perfectibilité permanente32, inachevée par essence et par sa fécondité, comme le souligne Charléty33, peut conduire à des positions qui font quitter le périmètre conceptuel de Saint-Simon. À cet égard, une première question est celle de déterminer la limite au-delà de laquelle on quitte ce périmètre, et une seconde en quoi l’évolution même de la société donne de nouveaux contours au périmètre.

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Membre du Collège et animateur de groupes d’action sociale ou missionnaire


Fournel dirige avec Claire Bazard le Degré des ouvriers, de juillet à fin novembre 1831. Dès le 9 mars, « LE PÈRE (Bazard-Enfantin) » le désigne pour « assurer la haute direction » de la première « maison saint-simonienne » à Paris34.

Cette expression de Degré des ouvriers désigne à la fois un groupe de militants saint-simoniens ou sympathisants, une formation spéciale d’initiation à la Doctrine pour les classes populaires urbaines, des chantiers d’action sociale dans les arrondissements de Paris, et des maisons communes qui sont en fait des centres d’hébergement à prix réduit, comme la maison Simon.

Les difficultés rencontrées sont de plusieurs ordres.

La formation spéciale imaginée pour ces « femmes et hommes placés par le hasard de la naissance dans des conditions si différentes35 » est apparue nécessaire pour associer ouvriers et bourgeois à l’œuvre saint-simonienne commune, car il fallait éviter « la défiance » des premiers et « le dédain » des seconds. 

Très vite, trop vite, Fournel ne doute pas du succès de ce projet social pilote : « La tâche n’est pas au-dessus de notre persévérance ». Il espère déjà une extension en province avec les ouvriers des villes où il existe des centres saint-simoniens.

Les annonces prématurées de réussite faites dans Le Globe alertent le pouvoir politique. Les rapports de police signalent le caractère anarchiste des saint-simoniens qui, « sous couleur d’améliorer la condition des pauvres ne s’occupent qu’à fomenter le désordre36». Certains ouvriers sont renvoyés par leurs patrons du fait de leur assiduité aux réunions37. Les animateurs sont surveillés par la police38.

La tâche est immense. « L’aumône n’est pas notre but, écrit Fournel, nous venons pour la faire disparaître 39 ». Les animateurs — Clouet, Lesbazeilles, Eugénie Niboyet, Raymond et Sophie Bonheur, Dugelay, Parent, Biard — sont débordés.

Une ambiguïté se développe entre animateurs et bénéficiaires des aides. L’attente des seconds n’est pas celle d’une religion. L’attente des premiers est que la personne secourue devienne convaincue qu’elle doit confesser « par un acte quelconque la foi saint-simonienne 40».

Dans chacun des douze arrondissements, de petites structures autour d’un animateur, d’une animatrice et d’un médecin, sont mises en place. Au total, 246 personnes sont accueillies et inscrites. Des dispensaires sont créés avec soins gratuits, paiements aux pharmacies par le caissier de la Famille, vaccination systématique des enfants41. Des foyers d’accueil servent des repas. Un réseau de soutien pour ceux qui sont dans la détresse se met en place42. Les animateurs incitent les ouvriers à s’associer pour le logement, les repas et le chauffage43.

Les moyens font défaut. Au début d’octobre 1831, seules existent deux maisons communes, l’une rue Popincourt, avec le docteur Simon, Prévost et Véturie Espagne, l’autre rue de La Tour d’Auvergne, avec Botiau et Eugénie Niboyet. Vingt-cinq familles y sont admises44.

Cette très courte période illustre un trait commun du saint-simonisme militant, l’extrême accélération du temps, le déroulement saccadé d’événements, les infléchissements répétés. Trop d’actions sont entreprises en même temps.

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Fournel et Le Globe


Fournel participe à la campagne de communication visant à faire connaître le saint-simonisme durant les premiers semestres de la monarchie de Juillet. Cette campagne met en œuvre des techniques élaborées de propagande45.

 Fournel rédige trente et un articles, le plus souvent non signés. Ils sont identifiés grâce à sa correspondance46. Trente le sont entre mars et octobre 1831. Ils développent les positions doctrinales d’économie politique et d’organisation de la société en plusieurs thèmes : les oisifs et les travailleurs (les 7, 14 et 21 mars), l’association (le 31 mars 1831), la propriété et l’hérédité (les 26 juin, 26 août et 27 septembre 1831). Certains, les moins nombreux, traitent de questions d’actualité. Le dernier, « Au Roi », dans l’avant-dernier numéro du Globe, le 20 avril 1832, propose une politique de grands travaux. Cet article, dans sa forme solennelle, s’inspire du titre de deux écrits de Saint-Simon regroupés dans Du Système industriel daté de 1821 : « Au Roi », et « Au Roi et à Messieurs les Agriculteurs, Négociants et Manufacturiers […] membres de la Chambre des Députés47».

Dans ces articles, Fournel cherche à concilier un industrialisme concentré plus que centralisateur, pas nécessairement étatique, et un humanitarisme réformateur, hostile aux privilèges, fondé sur la compétence, inspiré de valeurs morales. Le premier est une composante essentielle, à ses yeux, de progrès économique et de diffusion de richesse. Le second est un facteur de promotion sociale pacifique pour la classe la plus nombreuse et la plus pauvre, et un instrument de réduction des inégalités. Il espère ainsi concilier, grâce à la nouvelle société industrielle, l’intérêt de tous avec l’intérêt de chacun.

Il s’agit de « compléter l’émancipation du plus grand nombre en affranchissant graduellement et progressivement les salariés du joug que les classes supérieures font peser sur eux48». Dès lors, « toutes les institutions sociales doivent avoir pour but l'amélioration du sort moral, intellectuel et physique de cette classe la plus nombreuse et la plus pauvre49», formule figurant dans l’en-tête du Globe.

Cet ordre social implique les élites. Leur responsabilité est mise en cause : « La classe pauvre est en droit d’accuser l’ordre social qui n’a rien prévu pour développer son intelligence et sa moralité50». La convergence des intérêts conduit au consensus social. «Nous le voulons pour le plus grand avantage de ces classes elles-mêmes […] nous voulons l’amélioration de tous, aussi bien des classes supérieures que des classes inférieures51».

Le travail est une valeur de société. Il en constitue le fondement52. L’oisiveté est inacceptable53, les privilèges de l’hérédité doivent disparaître54. Le principe de l’hérédité doit être remplacé par celui de la capacité. Fournel demande une meilleure répartition des revenus en faveur des classes laborieuses : « La Chambre a déclaré par son vote qu’elle se souciait peu qu’il restât quelque chose à celui qui cultive à la sueur de son front, pourvu que le maître eût son revenu assuré [...] Il fallait oser dire à la face de la France : je veux épargner l’oisif et frapper le travailleur. La Chambre n’a pas hésité, elle a naïvement et sans détour frappé le travailleur55 ». Il propose une augmentation des droits de succession par l’application de taux progressifs, et l’affectation de ces montants à la diminution de l’impôt sur le sel56.

L’« Appel au Roi », article signé, paru le 13 avril 1832, est l’affirmation politique du saint-simonisme et un appel solennel à Louis-Philippe. Il renouvelle deux précédentes prises de positions politiques, celle du 23 juillet 1831 dans laquelle Le Globe publie le «Discours de la Couronne » qu’il aurait aimé entendre et « l’Adresse au Roi » du 8 août. Fournel fait preuve d’habileté à l’égard du pouvoir et de l’opinion publique. Le saint-simonisme ne se présente pas comme un mouvement d’opposition au régime, mais comme une force novatrice de soutien à long terme du pouvoir. Il s’agit, dans le cadre institutionnel, de promouvoir la modernité économique dont devrait résulter le bien-être social. Pour cela, il faut une politique de grands travaux. Cet article constitue une déclaration de politique générale, le chapitre Travaux publics d’un programme de gouvernement.

C’est aussi un appel à l’opinion publique.

C’est enfin la définition d’un espace politique, d’un juste-milieu. Les solutions politiques de la république « avec son cortège de négations » sont tout autant écartées que celles de la monarchie traditionnelle « avec ses vieilles affirmations et son imperturbable croyance aux revenants ». Dans cet espace, Fournel peut alors recommander une stratégie, « travailler et non combattre, produire et non détruire, tel est le grand secret de la politique du jour ». À celle-ci « est attaché le salut de l’État ».

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Fournel et Ménilmontant


Avec la fin du Globe, le 20 avril 1832, la faillite financière — « il ne reste plus rien dans la caisse saint-simonienne57» — et l’échéance menaçante du procès, la Famille est en pleine confusion. Déjà Cavel avait expliqué qu’il faut « se populariser », que « l’association, au lieu de prêcher son système, peut prêcher son chef », et que, « pour prêcher notre Père, un moyen efficace, c’est de répandre son portrait58». Capella réprouve la personnalisation excessive : « Il ne suffit pas de se montrer et de crier bien haut59». Il critique de même, les tentatives sans suite : « On nous voit tâtonner, […] abandonnant ce que nous avions exalté60 ». Pour d’Eichthal, « nous languissons 61».

La retraite de Ménilmontant est à la fois un indispensable repliement (« j’ai besoin de repos et de silence 62», dit Enfantin), une tentative de recentrage et un changement d’orientation. Les disciples se définissent comme « venus ici pour constituer définitivement le noyau de la famille universelle et l’apostolat qui doit la prêcher au monde63». Le rêve se substitue au possible. Enfantin fixe un objectif inchangé sans tirer d’enseignement des deux années d’actions militantes. « Dès ce jour, écrit-il, il n’est plus d’autre politique pour vous que celle qui nous a été enseignée par notre maître, et que depuis sept années nous avons proclamée sans relâche ». Il tire peu de conséquences des évolutions politiques intervenues. Ainsi estime-t-il que « le gouvernement Parlementaire et son mysticisme bourgeois se meurent » et que « la République et son anarchie populaire ne peuvent naître », tout en ajoutant que « la Légitimité et ses privilégiés de château ne ressusciteront point64. »

Le « Père suprême ordonne » aux membres du Collège de convoquer pour le début juin à Ménilmontant « quarante de [s]es fils […] pour passer un mois près de nous pour recevoir l’inspiration des œuvres à faire 65».

  Fournel, présent dès le 22 avril 1832, comme les autres membres du Collège, reste à Ménilmontant sans interruption jusqu’au 14 juillet, soit onze semaines, durée supérieure à celle de la plupart. Il participe à tous les moments marquants de cette période. Puis Enfantin lui fixe une nouvelle mission, « être l’anneau qui rattachera nos fidèles à nous », et il lui « confie la direction de toutes les forces qui se dirigent vers nous66». Ceci n’empêche pas Fournel de se joindre à Barrault, Michel Chevalier, d’Eichthal, Duveyrier, Enfantin, Lambert et Edmond Talabot pour des méditations nocturnes ésotériques dont le fruit est le Livre nouveau.

Les projets industriels ne sont plus d’actualité, l’action en milieu populaire parisien dépérit. Les moments à valeur symbolique, la prise d’habit, les travaux d’embellissement du parc et les chants n’arrivent pas à dissimuler l’absence de réflexion de fond sur des sujets importants et d’actualité, tels que la situation des canuts, la jeune presse ouvrière de Paris et Lyon, la suite à donner au Degré des ouvriers, la répression de la manifestation lors des funérailles du général Lamarque.

Barrault s’en émeut. « Ne soyons plus, écrit-il, des bourgeois débonnaires amusant le peuple chez eux, […] allons dans ses ateliers 67». Michel Chevalier s’inquiète de voir « la Famille sur une pente glissante où sa position varie à chaque instant68». Fournel, revenant d’Égypte en mai 1834, porte sur Ménilmontant un jugement sévère que relate Alexis Petit à Enfantin : « tout cela fait une série de tentatives sans succès, de fautes souvent ridicules ». Trente ans plus tard, dans le tome 6 de l’édition Dentu publiée en 186669par les exécuteurs testamentaires d’Enfantin, dont l’un d’entre eux, Fournel, semble bien avoir joué un rôle déterminant dans la composition de ce volume, les pages consacrées à Ménilmontant donnent une narration sereine du saint-simonisme, en dépit des épreuves telles que la mort de Talabot, les interventions de la police, les prolongements de la faillite, la préparation du procès imminent.

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Fournel en Égypte


Les origines de l’expédition en Égypte se rythment en trois temps.

Le premier est conceptuel. Il correspond au Système de la Méditerranée de Michel Chevalier, présenté par celui-ci dans Le Globe du 5 février 1832, complété par l’article « France, Politique Industrielle » du 21 février 1832 exposant l’idée d’une grande liaison Angleterre-France vers l’Orient qui comporterait deux segments ferroviaires, celui du Havre à Marseille réalisé par le gouvernement français, et « un travail semblable » exécuté « par des sociétés anglaises […] dans le but de couper l’isthme de Suez ».

Le second, un an plus tard, au début de 1833, s’inscrit dans la dispersion de la Famille70 et marque le désarroi d’Enfantin71 devant la mission d’Orient de Barrault et des Compagnons de la Femme.

Le troisième s’organise autour de Fournel et d’Enfantin en juillet et août 1833 dans des conditions très particulières, pour l’un et pour l’autre. Cette expédition s’improvise dans la hâte.

Fournel est dans une situation précaire,en expectative. Le couple Fournel est ruiné par les dons faits à la Famille, et il faut terminer d’assumer les responsabilités financières de la faillite à l’égard des créanciers de la Famille. Depuis le début de l’année 1833, Fournel a quitté son engagement exclusif de militant et repris pied dans la vie industrielle civile. Mais son passé saint-simonien lui semble constituer un handicap.

Il échoue au poste de secrétaire de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale car son nom «a fait  une peur épouvantable [sic] quand il a été prononcé 72». De plus, les opportunités industrielles en France qui se présentent à lui ne se concrétisent pas. L’ingénieur des Mines Beaunier ne fait pas appel à lui pour sa mission administrative de redressement du Creusot en grande difficulté, bien que Fournel, ancien directeur durant l’année 1830, connaisse bien le sujet. Son projet de chemin de fer de Gray à Saint-Dizier intéresse mais progresse peu. Thiers tarde à le désigner pour une mission d’étude en France sur la question des chemins de fer. Le ministre des finances Humann n’est pas favorable aux saint-simoniens, rendus responsables des malheurs de son fils. C’est dans ce contexte que Fournel confie à Alexis Petit qu’il imagine l’incroyable : Méhémet Ali ferait appel aux saint-simoniens. Il en rêve même.73

Enfantin pendant le même temps apprend qu’il va bénéficier d’une grâce à laquelle il ne s’attendait pas. Sans tarder, et averti de l’état d’esprit de Fournel, il envisage sur-le-champ en Égypte deux chantiers, un chemin de fer et un canal74, « sachant qu’il donne  à tous ceux qui pourraient douter de sa puissance pratique une garantie plus que suffisante [car] Fournel a fait ses preuves75». Enfantin reprend vite, dès le 8 août 1833, un style prophétique : «  Suez […] Là nous ferons l’acte que le monde attend […] c’est ma force politique que je dois montrer d’abord à l’Orient […] Entre l’antique Égypte et la vieille Judée […] Une des deux nouvelles routes d’Europe […] Vers l’Inde et la Chine […] Plus tard, nous percerons l’autre […] à Panama […] Notre main droite s’étendra vers la Mecque […] Notre bras gauche couvrira Rome 76». Ce lyrisme ne peut dissimuler l’irréalité des moyens, car le financement n’existe pas : « Il me faut de l’argent […] je te le demande au nom de Dieu, il le faut, l’œuvre est là77».

Pour l’un comme pour l’autre, ce gigantesque projet de faire communiquer les deux mers, avec ses aspects  industriels, devrait permettre le recentrage des activités de tous ceux qui s’étaient dispersés depuis un an. Il effacerait dix-huit mois de tourments, d’échecs et de doutes. Malgré le peu d’indices égyptiens favorables, et bien qu’il s’agisse d’une entreprise très complexe, diplomatiquement, techniquement et financièrement, Fournel choisit de surseoir à ses projets en cours, et de diriger avec Enfantin, mais sur un pied d’égalité, la mission en Égypte pour tenter de réaliser la Communication des Deux Mers, titre donné au projet dans la brochure qu’il fait éditer à Marseille avant de s’embarquer pour l’Égypte le 19 septembre avec Enfantin, Holstein, Lambert, Ollivier et Petit. L’opposition anglaise est déjà pressentie78.

Les divergences entre Fournel et Enfantin apparaissent dès la mi-novembre. Enfantin, sans même avoir rencontré le pacha Méhémet Ali, imagine pouvoir le conseiller et lui apprendre à savoir utiliser « la mine la plus délaissée, la Judée, non pas comme terre, mais comme centre du monde juif […] puisque le juif couvre la terre ». Il envisage de lui apprendre aussi à négocier avec ce milieu financier. « Nous montrerons au Pacha, écrit-il, comment exploiter cette source de richesse, […] nous lui dirons ce que c’est qu'un banquier, Rothschild, Hertz [...] sont ses sujets. Ils lui paieront tribut.79»

Les saint-simoniens découvrent progressivement l’entourage de Méhémet Ali et les jeux d’influence et de cupidité qui s’y exercent. Urbain s’indigne : « plus on se mêle aux Européens que paie le Pacha […], plus on s’indigne de la félonie de ces hommes qui ont pris cette belle contrée comme une curée à leur insatiable cupidité 80». Fournel et Lambert sont guidés par le consul Mimaut pour présenter le projet de canal. Mais ceci ne suffit pas pour discerner les intentions réelles du pouvoir égyptien. Tantôt Fournel et Lambert pensent réussir à faire comprendre ce qu’ils proposent81, tantôt ils désespèrent. Pour Lambert, il faut prendre garde aux promesses inconsidérées de leurs interlocuteurs. « À chaque instant, observe-t-il, tout paraît conclu et tout rentre immédiatement dans l’indéterminé. »82

Présenté et accompagné par Mimaut, Fournel  rencontre le Pacha pour la première fois le 13 janvier 1834. Durant cette audience, il est question du projet de barrage, souci apparemment majeur du Pacha pour régulariser les inondations du Nil. Un chemin de fer de Suez à Alexandrie est aussi mentionné. Pour ce dernier projet, Méhémet Ali indique avoir demandé à l’Angleterre un ingénieur, ce dont doutent Fournel et Lambert83. Méhémet Ali ayant demandé durant l’audience le temps qu’il fallait pour construire une maquette, Fournel et Alric en exécutent une en une journée. Fournel la présente au Pacha le surlendemain 15 janvier. Puis Fournel et Lambert rédigent le 17 janvier une note, traduite en turc, sur le projet de chemin de fer pour être remise au Pacha par Mimaut, le 24 janvier. Le lendemain, hors la présence de Fournel, l’ingénieur anglais Galloway présente à Méhémet Ali son projet ferroviaire, apparemment accepté au détriment de celui de Fournel. Enfin, Fournel et Lambert sont invités à trois séances du Grand Conseil, les 28, 29 et 31 janvier, consacrées à l’amélioration de l’irrigation. À leur issue, le principe de la construction d’un barrage est retenu. Sa réalisation est confiée à Linant, ingénieur français de la Haute-Égypte déjà établi sur place depuis longtemps. Il n’est plus question ni d’un chemin de fer, ni d’un canal à entreprendre avec les saint-simoniens.

             Pour Fournel, l’échec est double. Ayant saisi l’opportunité du projet anglais de chemin de fer, il a tenté de faire envisager un projet similaire mais exécuté par les saint-simoniens sous sa direction, et c’est le projet anglais qui est retenu : premier échec. Le second est le désintérêt pour le canal, puisque la décision porte sur le barrage du Nil. Les ingénieurs français – tels Lambert, puis Hoart et Bruneau qui arrivent en août 1834 — devront former, sans position officielle, le conseil privé de Linant pour la réalisation technique de ce chantier considérable. Fournel en tire les conséquences. Il n’a plus aucun rôle à jouer en Égypte. Il prend conscience que la liberté d’action des saint-simoniens en Égypte est trop faible. Il révise totalement son jugement sur la possibilité d’y accomplir à bref délai une œuvre industrielle, quelle qu’elle soit. C’est en ceci que le conflit qui se noue alors entre Fournel et Enfantin est profond. Le 17 février 1834, Fournel décide de se séparer d’Enfantin.

Deux lettres consacrent la rupture. Écrivant à Enfantin le 19 mars 1834, Fournel en prend l’initiative : « Adieu, Père, j’emporte la conviction que la réalisation de notre foi est bien plus éloignée que je ne l’avais cru jusqu’à ce jour ». En fait, il repousse l’utopie. Dans sa réponse du 3 avril, Enfantin refuse d’aborder ce questionnement fondamental84, et écarte toute discussion sur les dangers du barrage en mettant en avant des arguments dont certains sont contradictoires avec le saint-simonisme. La participation au barrage « ne se rattache que de très loin à la rénovation humaine que nous annonçons depuis et par Saint-Simon […] Tu ignores comment se fait avec des couffins le déplacement de montagnes de terre, en peu de temps, avec des milliers d’hommes à peine nourris, nus, et pourtant chantant ». Le dialogue n’est donc plus possible. Mais c’est aussi un déchirement pour Enfantin85 : « voici ce qui est arrêté : Ils [Henri et Cécile Fournel] retournent tous deux en France. Continuation de leur vie antérieure, de leur apostolat au milieu de nous autres célibataires ; l’acte qu’ils font est un double témoignage de la puissance des affections de famille et celle de la femme. » À son retour en France, Fournel rend publique cette rupture dans la Gazette du Lyonnais du 28 mai 1834. Il reconnaît : « je me suis trompé ». Il ne croit plus « à la réalisation actuelle du saint-simonisme ».86

Les premiers travaux du barrage s’effectuent à partir de mai 1834. Les conditions sont difficiles, la main d’œuvre déserte le chantier, puis, en 1835, deux épidémies se manifestent, la peste et le choléra. L’ajournement indéfini du barrage87 et le décès d’Hoart le 12 octobre 1835 scellent l’échec d’une grande œuvre en Égypte, une « déroute » pour Michel Chevalier.88

Plus de trente ans plus tard, Fournel est co-auteur, avec Arlès-Dufour, L’Habitant, Laurent, Guéroult et Arthur, fils d’Enfantin, d'une brochure de 46 pages, Le percement de l’isthme de Suez par les saint-simoniens, qui rappelle la contribution du saint-simonisme et célèbre la mémoire d’Enfantin.

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À partir de 1860, une ultime fidélité, traversée encore de divergences


 Fournel préside et anime une société de Secours Mutuel, enregistrée au ministère de l’Intérieur le 19 juillet 1861 sous le nom de « Société des Amis de la Famille ». Elle est fondée, avec l’appui d’Arlès89, par Émile et Isaac Pereire, Michel et Auguste Chevalier, Guéroult, L’Habitant, Duveyrier, Laurent de l’Ardèche, Enfantin et Fournel. Cette association, créée pour aider certains anciens disciples en difficulté, se met en place à l’initiative de Julien Gallé en 1858 et de Vinçard en 1859. Elle vise à amplifier le soutien financier de 3.000 F par an qu’Arlès et d’Enfantin versent depuis 1848 à un compte d’assistance pour venir en aide aux anciens saint-simoniens devenus malheureux, tel Pierre Leroux.90 En 1867, quatre-vingts personnes cotisent au financement, ce sont les membres honoraires. Ceux qui bénéficient des aides sont les membres participants.91 Parmi ceux-ci, Claire Bazard, la veuve de Charles Béranger, la veuve de Lechevalier-Saint-André, Pierre Vinçard, Surbled. En plus des fondateurs, les fidélités d’Holstein, de Lambert, de Ribes, de Paulin Talabot, d’Urbain se manifestent. Les soutiens viennent aussi de personnes assez éloignées de la Famille, comme George Sand et Maxime Du Camp. Semblent s’abstenir : Gustave d’Eichthal, Émile Barrault, Carnot, pourtant engagés au centre de l’action militante. De 1860 à 1867, le total des sommes encaissées à plusieurs titres – comme le legs d’Enfantin de 6.000 F. — s’élève à 65.722 F.92 Pendant le même temps, les secours distribués sont de 33.119 F.

La tentative avortée de la nouvelle encyclopédie prévue en 44 volumes – initiative d’Émile et d’Isaac Pereire, soutenue par Michel Chevalier et Charles Duveyrier, à laquelle Fournel et Lambert sont associés – met en lumière une ultime divergence entre les acteurs centraux du saint-simonisme militant de 1828-1833. Pour ce qui pourrait être leur dernière œuvre commune, il faut choisir entre deux projets. L’encyclopédie est une publication destinée à communiquer à un large public une somme de connaissances orientées par un certain nombre d’idées plus ou moins inspirées par le saint-simonisme. Le Crédit intellectuel, projet d’Enfantin, est l’établissement financier sur lequel s’adosserait cette encyclopédie, et dont la vocation serait d’accorder des prêts à « plus de mille jeunes gens par an entrant dans les grandes écoles de droit, médecine, pharmacie, polytechnique, normale, centrale, Saint-Cyr, qui auraient besoin d’avoir 6.000 F d’assurés, avant de pouvoir gagner un sou93» C’est un crédit à l’intelligence. Il faciliterait l’ascension sociale d’étudiants autrement que par la voie de la fonction publique. « Notre jeunesse, écrit Enfantin, est envahie par l’ambition de la fonction publique. Facilitons, au contraire, à la société libre le moyen de conserver dans son sein une part plus notable des forts de l’intelligence ». Enfantin ne trouve pas de réel soutien chez ses amis.94 Arlès et  Perdonnet sont favorables à cette idée « qui a un si grand avenir95». Cette incompréhension conduit Enfantin à écrire à Michel Chevalier, Duveyrier, Fournel, Lambert et Isaac Pereire au début du mois de janvier 1863 une longue lettre96, une «  épître » très révélatrice de son saint-simonisme spécifique.

Fournel conserve jusqu’à sa mort des ouvrages de Saint-Simon et de nombreux documents originaux concernant la Famille97. Enfin, membre du Conseil institué par Enfantin pour l’exécution de ses dernières volontés, il participe activement à l’édition Dentu des Œuvres de Saint-Simon et d’Enfantin. Il rédige les commentaires de la publication des onze volumes des Œuvres de Saint-Simon et ceux de quelques chapitres décrivant la vie de la Famille saint-simonienne, de 1831 à 1834. Il signe en 1872 la préface du tome 24, dont la lecture mérite l’attention, car elle montre comment il est possible à la fois de quitter le périmètre de la pensée de Saint-Simon par l’emploi de formules extrêmes à l’égard du socialisme98, et d’y rester en reprenant les thèmes et le but du fondateur.99



Notes
1. Henri Marie Jérôme Fournel est né le 25 janvier 1799 ; son père Alexandre, d’abord clerc de notaire à Paris, est commissaire-priseur en 1822 ; Henri entre à l’École polytechnique en 1817, 25e sur 65 ; au corps des Mines, il est élève ingénieur le 15 novembre 1820, inspecteur général de seconde classe le 1 décembre 1859 ; il meurt le 21 juillet 1876.
2. Lettre de Margerin à Fournel du 15 mai 1826 (Arsenal, FE 7645, f° 132) lui apprenant l’existence d’une nouvelle école fondée par Saint-Simon et la parution du Producteur.
3. Lettre de Fournel à Enfantin du 4 février 1833 (Arsenal, FE 7647 p. 154) « C’est en février ou mars 1828 que je fus conduit chez vous [Enfantin] par Margerin. Je vous vois encore m’ouvrant la Porte le mercredi soir où je vous vis pour la première fois ». Fournel souligne le mot « porte », écrit avec une majuscule.
4. Déposition auprès du juge chargé d’instruire le procès du 27 août 1832, Arsenal, FE 7861/179 p.347 à 356. Sous cette cote figurent d’autres dépositions, comme celles de Bazard, Carnot, Dugied, Transon, tous dissidents lors du « schisme Bazard » de novembre 1831.
5. « Des sommes considérables ont été données, empruntées, dépensées ; nul ne s’est plaint […] tout ce débat est lui-même un témoignage éclatant de notre haute loyauté et de la profondeur de nos convictions » (Arsenal, FE 7861/180/22).
6.  Le verdict rendu est négatif, sans amende, ni dépens : « Attendu qu’il n’est pas établi que ce soit à l’aide de manœuvres frauduleuses que les prévenus ont obtenu les sommes qu’il est constant qu’ils ont reçues », dans Saint-Simon, Œuvres, Dentu, 1866, (BNF, MICR R-49879), p. 106.
7. Fournel, Henri, Bibliographie saint-simonienne de 1802 au 31 décembre 1832, Paris, Johanneau, 1833, 130 p., BNF, Q-5117 et Res-p-Z-127 (exemplaire complété par des mentions manuscrites de Fournel).
8. Lettre d’Enfantin à Chabannier du 25 mars 1837 (Arsenal, FE 7615/465).
9. Cette procuration s’ajoute à celles données pour gérer et nantir les apports de biens de saint-simoniens, faites à partir du 28 novembre 1831 à une société en nom collectif ; apports et procurations permirent sous l’égide initiale d’Olinde Rodrigues d’émettre un emprunt avec ses trois émissions des 1er janvier, 12 et 17 février 1832, in Charléty, Sébastien, Histoire du Saint-Simonisme…, p. 130.
10. Lettre de Fournel à Duguet pour Enfantin du 4 décembre 1835 (Arsenal, FE 7727/80).
11. Lettre d’Isaac Pereire à Enfantin du 6 mars 1837 (Arsenal, FE 7769/101). Dans cette lettre, Isaac Pereire demande à Enfantin de donner l’ordre à Chabannier d’abandonner toutes les actions judiciaires qu’il entreprend contre des saint-simoniens, Pierre Leroux, Rodrigues, Mme Petit. Enfantin exécute cette demande (voir lettre d’Enfantin à Chabannier du 10 mars 1837 (Arsenal, FE 7615/126).
12. 1° Le plein acquiescement aux méthodes de Bugeaud – un conquérant, non un colonisateur, selon Julien dans son Histoire de l’Algérie contemporaine, t. I, La conquête et les débuts de la colonisation – et l’adhésion implicite à une violence déshumanisante (Archives de Vincennes du Service Historique des Armées, pièce I-H-210) contredisent son engagement militant de disciple de Saint-Simon ; 2° Fournel, Henri, Richesse minérale de l’Algérie : « tous ces heureux combats inspirèrent aux Arabes, et aux Kabyles eux-mêmes, une terreur dont l’effet immédiat fut d’assurer les communications », Préface, p. 11.
13. Fournel, Henri, Richesse minérale de l’Algérie… t. 1, p. 1.
14. D’Allemagne, Henry-René, Les Saint-Simoniens, p. 10.
15. Degré des Ouvriers, rapport de Clouet du 8 octobre 1831 (Arsenal, FE 7816-131 p.1) ; Cécile Fournel, née Larrieu, est la fille d’un avocat à la Cour de Paris.
16. Veauvy, Christiane, Paroles oubliées. Les femmes et la construction de l’État-nation en France et en Italie, Paris, Colin, 1997, 334 p.
17. Arsenal, FE 7861/179 p. 68.
18. Saint-Simon, Œuvres, Dentu, 1866, t. 8, BN MICR R-49879, p. 6 à 8.
19. Foi nouvelle, Livre des Actes, publié par les femmes, s’adresser à Mme Cécile Fournel, rue Chanoinesse n°2, BN MICR 6758 et BN 8-Ld190-226.
20. Lettre d’Enfantin à Lambert et Petit du 7 décembre 1834 (Arsenal, FE 7670).
21. Foi Nouvelle, Livre des Actes, p. 3.
22. Lettre d’Enfantin à Cécile Fournel du 3 mars 1833 (Arsenal, FE 7647/332).
23. Saint-Simon, Œuvres, t. VI, Du Système Industriel, Deuxième Partie, Au Roi, édition Dentu, 1869, réimpression anastaltique de 1966 par Anthropos, p. 254 : « Le changement radical du système social ne peut s’effectuer que par des insurrections ou par la dictature ; et il est incontestable que la dictature est un mal moindre que les insurrections. »
24. Selon la dénomination retenue par Bouglé et Halévy, Paris, Rivière, 1924, 504 p., BN 8-R-23443(13).
25. Fournel, Henri, Bibliographie saint-simonienne…, p. 69.
26. Ibid., p. 70.
27. Ibid..
28. 1) Lettre de Fournel à Enfantin du 16 mars 1833 : « Je suis parti pour Le Creusot après avoir écrit les deux premières séances […] pour ce qui m’est personnel dans ce volume […] la 3ème séance se compose d’un travail fait par moi » (Arsenal, FE 7647/172 verso)  ; 2) Fournel, Henri, Bibliographie Saint-Simonienne…, p. 69, note 1. Dans une lettre à Rességuier, Enfantin indique que « Fournel s’occupe de la rédaction de tous les résumés de la rue Taranne pour les livrer de suite à l’impression. Cela donnera un volume. » (Saint-Simon, Œuvres, Dentu, 1865, t. II, p. 119, BN MICR R-49873). 
29. Exposition, Première année 1829…, p. 121 et 122. (Ce qui est souligné figure en italique).
30. Ibid., p. 159.
31. 1° Bouglé et Halévy, Doctrine de Saint-Simon, Exposition 1ère année 1829, p. 159, note 44 ; 2° Enfantin, Avertissement introductif au Mémoire sur la Science de l’Homme de Saint-Simon, dans Œuvres de Saint-Simon, réimpression anastaltique, Dentu, 1876, vol. XI, Avertissement, p. 5 : « nous nous sommes permis quelques suppressions, qui, nous le croyons fermement, auraient été effectuées par Saint-Simon s’il avait publié lui-même ces prodigieux manuscrits »  ; 3° Carnot, Hippolyte, Sur le Saint-Simonisme, lecture faite à l’Académie des sciences morales et politiques, Paris, A. Picard, 1887, 36 p., BN Ld190-248 : « L’œuvre du maître était fragmentaire. Ses élèves l’ont systématiquement coordonnée. C’est là le secret de leur force mais aussi la cause de leur disgrâce : de déduction en déduction, ils ont abouti à des conséquences inacceptables »,  p. 11.
32. Saint-Simon, L’Organisateur, deuxième lettre à ses compatriotes, Œuvres de Saint-Simon, réimpression anastaltique, Dentu, 1869, vol. IV, p. 31 : « L’expérience de tous les siècles connus a prouvé que l’espèce humaine a toujours travaillé […] au perfectionnement de son organisation sociale, d’où il résulte qu’il est de sa nature de perfectionner indéfiniment son régime politique en remplaçant successivement les institutions ».
33. Charléty, Sébastien, Histoire du Saint-Simonisme (1825-1864), Paris, Gonthier Hachette, 1896, p.27 : « Si Saint-Simon avait laissé une œuvre définitive, achevée, un système coordonné et facilement accessible, il n’eût probablement pas fait école. Une doctrine parfaite et complète n’est pas féconde […] Chaque page du maître méritait des commentaires explicatifs ».
34. Œuvres de Saint-Simon, Dentu, 1865, t. III, BN MICR R-49874, p. 113.
35. Œuvres de Saint-Simon, Dentu, 1865, t. IV p. 64 en note (BN Microfiche R-49875).
36. D’Allemagne, Henry-René, Les Saint-Simoniens, p. 256, avec référence AN F1a-353 à 361/3 de la préfecture de Police.
37. 1° Rapport Parent du 17e arrondissement concernant Gréigeur (BA FE 7816-131) p. 3  ;  Déposition de Royer lors de l’enquête judiciaire préparant le procès contre Enfantin  (BA FE 7861/179).
38. 1° Circulaire du préfet de Police Gisquet du 31 octobre 1831 « Les commissaires de police doivent assister régulièrement à toutes les prédications saint-simoniennes », AN F1A/353.361, cité par d’Allemagne, Henry-René, Les Saint-Simoniens, p. 257  ; 2° Rapport Bobin sur le 10ème  arrondissement du 1er octobre 1831 «  J’ai éprouvé quelques nouvelles craintes de la part de la police […] je me suis présenté quatre fois au commissariat » (BA FE 7816-140).
39. Fournel, Le Globe, 3 septembre, en 1ère page «  Direction du Degré des ouvriers».
40. Ibid.
41. Ibid.
42. Deux exemples de cas sociaux : 1° « Baron, homme de peine, âgé de 52 ans, au 3 rue Sainte-Anne a passé 3 mois sans manger de pain, ne vivant que de pommes de terre cuites à l’eau » (BA FE 7816/97/7)  ; 2° « secourir Rimbault, typographe, sans travail et dont la mère se meurt à l’Hotel-Dieu » note d’Eugénie Niboyet à Fournel du 13 octobre 1831 (Arsenal, FE 7815/192).
43. Fournel, Le Globe, 3 septembre 1831, en 1ère  page, « Direction du Degré des ouvriers ».
44. D’Allemagne, Henry-René, Les Saint-Simoniens, p. 123.
45. Vidalenc, Jean, « Les techniques de la propagande saint-simonienne à la fin de 1831 ». Extrait des Archives de sociologie des religions, 1960, n° 10, colloque d’Aix-en-Provence, Clermont-Ferrand, 1960 (BN 8-Ld190-259), p. 8 à 14.
46. La liste des articles de Fournel dans Le Globe figure à l’Arsenal, FE 764/516.
47.Œuvres de Saint-Simon, réimpression anastaltique de 1966 par Anthropos des Œuvres éditées par Dentu en 1869, t. V, p. 66 à 104, et p. 105 à 125 ; 2° mentionné par Fournel dans sa Bibliographie saint-simonienne, p. 27.
48. 1) Fournel, Le Globe 24 juin 1831, Sur un article de L’Impartial de Besançon ; 2) Saint-Simon, Du Système industriel, vol.1 : « Le but de mon entreprise est d'améliorer le plus possible le sort de la classe qui n'a pas d'autres moyens d'existence que le travail de ses bras... cette classe est encore la plus nombreuse », Œuvres de Saint-Simon, réimpression anastaltique, t. VI, p.81.
49.  Fournel, Le Globe, 24 juin 1831, « Sur un article de L’Impartial de Besançon ».
50. Ibid.
51. Ibid.
52. Fournel, Le Globe du 21 mars 1831, 1ère page, « Les Oisifs et les Travailleurs n° 3 ».
53. Fournel, Le Globe du 14 mars 1831, « Les Oisifs et les Travailleurs n° 2 ».
54. Fournel, Le Globe du 22 avril  1831, 1ère page, « Réponse à un article de l’Avenir ».
55. 1) Fournel critique vivement dans Le Globe 8 avril 1831 le rejet par la Chambre, lors de la discussion de la Contribution Extraordinaire, d’un amendement visant à ce que le fermier ne soit pas atteint par cet impôt exceptionnel ; 2) Fournel, Le Globe 4 avril 1831 :  « Serait-on excusable de demander à d’autres qu’à des oisifs les ressources que la société réclame ? ».
56. Fournel, Le Globe du 14 mars 1831, « Les Oisifs et les Travailleurs n° 2 ».
57. Saint-Simon, Œuvres, Dentu, t. VI (BN MICR R-49877), p. 239 note 1. 
58. Cavel, Le Globe, 27 mars 1832.
59. Lettre de Capella à Bouffard du 17 avril 1832 (BA FE 7646/28).
60. Ibid.
61. Lettre de d’Eichthal à Talabot d’avril 1832 à Talabot, Œuvres, Saint-Simon, Dentu, 1866, t. VI (BN MICR R-49877), p. 160.
62. Saint-Simon, Œuvres, Dentu, 1866, t. 6 (BN MICR R-49877), p. 225.
63. Ibid., p. 242.
64. Ibid., p. 221.
65. Ibid., p. 227.
66. Saint-Simon, Œuvres, Dentu, 1866, t. 7 (BN MICR R-49878), p. 161.
67. Ibid., p. 128.
68. Lettre de Michel Chevalier à E. Humann du 16 juin 1832 (BA FE 7646/376) : « nous sommes auprès du Père, pleins de foi en lui, mais les bras croisés, car devant nous je ne vois pas de tâche immédiatement ».
69.  Des précisions sur Ménilmontant figurent dans :  1° Œuvres, Saint-Simon, Dentu, 1866, t. VI (BN MICR R-49877), p.220 à 227, et t. VII (BN MICR R-49878) p. 1 à 181)  ; 2° Charléty, Histoire du Saint-Simonisme, chapitre IV, p. 137 à 146  ;  3° d’Allemagne, Les Saint-Simoniens, p. 270 à 288.
70. Lettre d’Holstein à Enfantin du 27 mars 1833 : « Il faut que je te le dise, puisque tu ne le sais pas encore, que la Famille de Paris et dans un état d’anarchie complète » (Arsenal, FE 764T/564 v°).
71. Lettre d’Enfantin à Cécile Fournel du 3 mars 1833 : « Le trône de l’homme est tombé et c’est moi qui l’ai réduit en poussière […] voilà que presque tous les hommes qui m’entouraient […] m’ont quitté, les plus audacieux croyant presque ma vie brisée, les autres attendant tout de la femme […]  en une prison ma couronne de jeunesse et d’ardeur » (BA FE 7647/332).
72. Lettre de Fournel à Enfantin du 19 février 1833 (Arsenal, FE 7647/162).
73. Lettre de A. Petit à Enfantin du 24 juillet 1833 (Arsenal, FE 7647/677 verso).
74. Lettre d’Enfantin à A. Petit du 24 juillet 1833 (Arsenal, FE 7647/678verso).
75. Lettre de Hoart à Ribes de septembre 1833 (Arsenal, FE 7619/10).
76. Lettre d’Enfantin à Barrault du 8 août 1833, dans Saint-Simon, Œuvres, Dentu, 1866, t. IX (BN MICR R-49880), p. 56 et 57.
77. Lettre d’Enfantin à Hoart du 12 août 1833, dans Saint-Simon, Œuvres, Dentu 1866, t. IX (BN MICR R-49880), p. 62.
78. Lettre d’Enfantin à Ardoin du 8 août 1833 : « le seul obstacle pourra être la volonté du gouvernement anglais » (Arsenal, FE 7619/8). 
79. Lettre d’Enfantin à Hoart et Bruneau du 18 novembre 1833, dans Saint-Simon, Œuvres, Dentu, 1866, t. IX, (BN MICR R-49880), p. 183 et 184.
80. Lettre d’Urbain à Lambert du 23 octobre 1834 (BN FE 778/15).
81. Lettre de Fournel à Enfantin du 18 novembre 1833 (BN FE 7619/18) : « MM. Boghos et Mimaut disent à qui veut l’entendre que l’affaire est pour ainsi dire conclue ».
82. Lettre de Lambert à Enfantin du 4 février 1834 (Arsenal, FE 719/58).
83. Lettres de Lambert à Enfantin du 17 janvier 1834 (Arsenal, FE 7619/53) et de Fournel à Enfantin du 23 janvier 1834 (Arsenal, FE 7619/54).
84. Lettre de Fournel à Enfantin du 29 mars 1834 (Arsenal, FE 7619/64) ; et lettre d’Enfantin à Fournel du 3 avril 1834 (Arsenal, FE 7619/65).
85. Lettre d’Enfantin à Holstein, Ollivier, Urbain du 13 février 1834, dans Saint-Simon, Œuvres, Dentu, 1866, t.9, (BN MICR R-49880), p. 199.
86. Lettre de Petit à Enfantin du 31 mai 1834 dans laquelle figure le texte de l’article (Arsenal, FE 7614/98).
87. 1° Lettre d’Enfantin à Duguet du 5 août 1835, citée par Charléty, Histoire du Saint-Simonisme…, p. 190  ; 2° lettre d’Enfantin à Lambert du 7 août 1835, évoquant « l’impuissance de l’Égypte à faire une œuvre pareille » (Arsenal, FE 7615/17).
88. Lettre de Michel Chevalier à Arlès du 4 décembre 1836 (Arsenal, FE 7704).
89. Lettre d’Enfantin à Arlès , dans Saint-Simon, Œuvres, Dentu, 1867, t. XIII, (BN MICR R-49884) p. 63.
90. D’Allemagne, Henry-René, Prosper Enfantin et les grandes entreprises industrielles, Paris Gründ, 1935, 218 p. (BN Ln27-84561), p. 179 et 180.
91. Liste des membres honoraires, et liste des membres participants (Arsenal, FE 7860/32).
92. Arsenal, FE 7860/22 à 31.
93. Lettre d’Enfantin à Arlès du 11 novembre 1862, dans Saint-Simon, Œuvres, Dentu, 1867, t. XIII (BN MICR R-49884) p. 159.
94. « Je crains que Pereire, et surtout Michel, et même Duveyrier, n’aient pas bien compris la chose », lettre du 11 novembre 1862 d’Enfantin à Arlès, dans Saint-Simon, Œuvres, Dentu 1867, t. XIII (BN MICR R-49884) p. 159 et 161.
95. Dans Saint-Simon, Œuvres, Dentu, 1867, t. XIII, (BN MICR R-49884), p. 162.
96. Ibid., p. 164 à p. 192.
97. Lettre du lieutenant-colonel Harty de Pierrebourg, époux de la petite fille de Cécile et Henri Fournel, du 13 mai 1883 à Gustave d’Eichthal, et lettre de Gustave d’Eichthal à Gustave Pereire du 27 décembre 1884 (BN Res-p-Z-1217).
98. Dans Saint-Simon, Œuvres, Dentu, 1872 (BN R-49895), Préface, p. 37 : « Plus que jamais donc le socialisme sans foi et sans discipline s’est rendu applicable le nom de barbare, plus que jamais il a épouvanté le monde par le carnage et la dévastation »
99. Saint-Simon, Œuvres, Dentu, 1872, (BN R-49895), p. 32 : « Nous aimons tous les partis parce que chacun d’eux a quelque chose en soi de juste, de bon, de légitime […] Nous avons cherché un but qui fût dans l’intérêt de tous les partis […] Le but, c’est le développement de l’industrie, l’organisation en grand du travail, l’affranchissement pacifique et progressif des travailleurs. »


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Bibliographie


- Notice « Henri Fournel » sur le site des Annales des Mines :
http://www.annales.org/archives/x/fournel.html

- LATTY (Lionel), Henri Fournel 1799-1876. Ingénieur du corps des Mines, saint-simonien. Sa vie, ses œuvres, sa contribution au développement économique, industriel et social de son époque. Thèse de doctorat, université de Paris X-Nanterre, 1992, consultable dans les Usuels de la Bibliothèque de l’Arsenal.

- LATTY (Lionel), notice « Henri Fournel », dans le cédérom du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, dir. Maitron (Jean) et Pennetier (Claude), 1997. Cette notice a été revue et complétée par rapport à la version ancienne de l’édition papier).

- Lionel LATTY et Philippe RÉGNIER, notice « Cécile Fournel » dans Cordillot (Michel), Pennetier (Claude) et Risacher (Jean), Biographies nouvelles, in Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (coll. « Jean Maitron »), t. 44, 1789-1939, Les Éditions de l’Atelier, 1997.
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